Vos dons en actions De l'exclusion à l'autonomie Parce que la guérison n’est complète que si elle est aussi sociale, la Fondation Raoul Follereau fait de la réinsertion des lépreux un objectif prioritaire. Exemples de ses actions au Vietnam et à Madagascar.

Il n'y a pas si longtemps sur les Hauts-Plateaux du Vietnam, les malades mutilés par la lèpre étaient chassés de leur village, condamnés, avec leur famille, à s’éloigner loin des regards et à survivre dans une misère difficile à imaginer. Grâce à sa persévérance, la Fondation a enclenché, en un peu plus de dix ans, un véritable mouvement en faveur de ces populations exclues et livrées à elles-mêmes. En leur donnant des moyens d’agir, elle a révélé leur capacité à se prendre en charge. À ce jour, plus de 200 familles réparties dans 13 villages ont pris leur destin en main !

Des actions variées et adaptées
Pour aider les lépreux à se réinsérer, la Fondation* agit à deux niveaux : l’habitat et le travail. Dès 1997, elle a d’abord construit ou rénové plus de 200 maisons, qui ont peu à peu remplacé les habitations de fortune. Puis, elle a aidé chaque village à améliorer ses conditions de vie : retenue d’eau, sanitaires, équipement scolaire...
À Plei Ngol par exemple, en quatre ans à peine, la Fondation a financé la construction de 32 maisons, deux puits, une école, un poste de santé, une maison communale et la plantation de caféiers et de poivriers !
Parallèlement, elle a apporté son soutien à de nombreux dispensaires, pour faciliter l’accès aux soins.

Ouvrir au monde et au développement
Parce qu’un toit ne suffit pas pour quitter la misère, la Fondation aide aussi des familles à développer une activité rémunératrice : machine à coudre, matériel agricole, semences, buffles femelles pour vendre leurs petits... Il suffit de peu pour aider ces lépreux guéris handicapés à retrouver leur autonomie. Et tous les espoirs sont permis car, aux efforts de la Fondation, s’ajoutent désormais les initiatives des autorités locales pour désenclaver les villages des anciens parias : arrivée du réseau électrique, route cimentée pour faciliter la marche des grands handicapés…
Ces travaux sont le couronnement de tout ce que la générosité des donateurs de la Fondation a permis de mettre en œuvre pour libérer de l’exclusion des minorités oubliées et leur ouvrir l’accès à une vie nouvelle !

*Au Vietnam, deux associations, membres de la Fédération internationale des associations luttant contre la lèpre, mettent leurs efforts en commun : la Netherlands Leprosy Relief (NLR) prend en charge le volet médical ; la Fondation Raoul Follereau participe à la réinsertion des lépreux des Hauts-Plateaux.


Leçon de courage chez monsieur Dihn"En décembre, j’ai visité Monsieur Dinh. Menuisier de formation, il habite à Ban Me Thuot. À cause de la lèpre, il n’a plus de doigts et une de ses jambes est mutilée. L’an dernier, sa maison était en si piteux état que le toit vermoulu laissait passer la pluie jusque dans la chambre de son enfant !
Pour l’aider, nous lui avons permis d’acquérir les outils nécessaires à son travail. Aujourd’hui, sa famille vit dans de bonnes conditions. Son atelier est rempli de commandes et Monsieur Dinh a même recruté une petite équipe d’apprentis. Il voudrait maintenant améliorer sa table de travail pour entreprendre des travaux plus importants.
Je suis sorti de chez lui impressionné par son courage. Grâce à sa détermination, la petite aide que nous lui avons accordée a complètement transformé sa vie et celle de sa famille."
Témoignage de Grégoire Detoeuf, chargé de mission FRF

Madame Chau, plus forte que la lèpre ! Un habitat salubre est une étape essentielle vers la prise en charge de son existence. La Fondation raoul Follereau a aidé Madame Chau à construire une petite maison pour remplacer sa masure en planches.



Il y a 13 ans, Madame Chau a contracté la lèpre, qui a abîmé son visage et mutilé ses mains et ses pieds. Aux premiers symptômes, son mari l’a chassée. Elle a alors quitté son village avec ses quatre enfants, et pris le chemin d’un dispensaire pour s'y faire soigner pendant un an.
Aidée par ses parents, Madame Chau a acheté un bout de terrain isolé dont personne ne voulait. Elle s’y est installée et s’est mise au travail. Elle a défriché, planté du café... et éduqué ses enfants de façon exemplaire, leur offrant son amour sans compter.
En 2006, nous l’avons aidée à construire une petite maison pour remplacer sa masure en planches. Nous lui avons aussi acheté une vache pour produire du lait et lui donner des veaux. Aujourd’hui, Madame Chau a trois vaches ! Mais, surtout, elle fait la fierté de ses enfants, pour qui elle est le meilleur des exemples.
Dernièrement, elle nous a raconté son combat couronné de succès pour obtenir la réfection de la route qui passe à côté de sa maison. Une victoire de plus pour cette femme, plus forte que la lèpre !


Exclu hier, élu aujourd'hui Fils de lépreux, Joseph Rabé a grandi à l’écart, dans un village de lépreux au nord d’Antalaha (Madagascar). Grâce au Comité d’Aide aux lépreux d’Antalaha, il a bénéficié d’un stage pour devenir animateur social dans le dispensaire du village. En parallèle, ce père de quatre enfants s’est beaucoup investi dans la vie sociale, rendant de nombreux services aux lépreux. Les anciens l’ont alors poussé à se présenter aux élections municipales d’Ampahana, qui regroupe neuf gros villages. Aujourd’hui, à 46 ans, il est maire d’une commune voisine et fait la fierté de son village. Et, pour tous les lépreux, à commencer par son père, c’est une belle revanche sur une maladie discriminante.