
Ahmedou, de l'exclusion à la réinsertion
 Il y a d’abord eu cette petite tache. Sur le poignet droit. Ahmedou Abdelkader Ahmed avait 15 ans. A Guadanaga (Mauritanie), on n’avait jamais entendu parler de la lèpre. Ahmedou a vécu 10 ans avec, sans le savoir. Il en porte aujourd’hui les stigmates aux mains qui sont rognées et crispées.
En 1987, à 25 ans, il rencontre un médecin français à l’hôpital de Nouakchott. Grâce à la PCT (polychimiothérapie), Ahmedou guérit en 6 mois.
Différentes façons d’être lépreux
Après sa guérison, il contacte l’Union nationale des personnes handicapées. "Ils m’ont parlé de la Fondation Raoul Follereau, ce qui à l’époque était un nom très difficile à prononcer pour moi qui ne parlait pas encore français ! ". Au-delà du nom, Ahmedou sait que la Fondation Raoul Follereau finance des micro-projets de lépreux guéris. Il décide de passer à l’action et tient la première assemblée générale de son association en 1991. Son but : monter des micro-projets individuels.
Le parking miracle
Puis germe une idée lumineuse : Ahmedou décide d’ouvrir un parking dans le quartier de Tevragh-Zeina. Son visage s’éclaire : "Le parking, c’est ma vie ! D’anciens lépreux mangent tous les jours grâce à cette activité." Ses yeux brillent de fierté et il y a de quoi. Aujourd’hui, il gère 13 parkings, emploie quelque 46 salariés et fait vivre 300 familles ! "Pour le premier parking, j’ai fait moi-même le gardiennage pendant 25 nuits pour convaincre les gens. La première nuit, je n’ai eu qu’une seule voiture! C’était un chanteur connu qui, au matin, m’a donné 50 ouguiyas. Je les ai partagés avec les deux personnes qui gardaient aussi l’endroit. C’est la Fondation Raoul Follereau qui a financé le matériel de la première place de gardiennage : loge de gardien, gourdin, torche, nattes, chaises, fils électriques...", affirme Ahmedou, satisfait. "Les sociétés nous font confiance pour garder leurs voitures : c’est la main handicapée qui travaille avec la main non-handicapée." Avec l’initiative d’Ahmedou, c’est vraiment le geste qui compte, et pas la forme de la main qui le fait.
D’après Olivia Marsaud, publié par AFRIK.COM
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