Restons mobilisés !
Dr Pierre Bobin, léprologue
La lutte contre la lèpre est une suite de nombreuses séquences : la détection de la maladie, la confirmation du diagnostic, la polychimiothérapie (PCT), le suivi d’un malade pendant et après la PCT, la détection et la prise en charge des réactions lépreuses, et enfin la prévention et le traitement des éventuelles complications neurologiques.
Les léprologues insistent régulièrement, inlassablement, sur l’importance élémentaire de la première de ces étapes, la détection, en précisant qu’elle doit être précoce, afin d’instituer un traitement en tout début de maladie, évitant ainsi la survenue d’une atteinte neurologique.
Pour cela sont nécessaires une information et une éducation sanitaire des populations mais aussi et surtout une formation dermato-léprologique minimale des personnels de santé exerçant dans des pays d’endémie lépreuse.

Malheureusement, ces conditions sont loin d’être toujours réunies et on constate encore trop souvent que la lèpre est détectée tardivement, au stade des complications neurologiques irréversibles.
Est-il normal que l’on puisse encore rencontrer des malades présentant une forme de lèpre très évoluée, tel celui-ci qui a été observé au Mali il y a quelques mois ?
Un tel retard au diagnostic a bien évidemment des conséquences graves, tant au plan médical pour les malades eux-mêmes, qu’au plan épidémiologique pour la collectivité.

De telles images « médiévales » de cas de lèpre, tant elles nous rappellent un passé que l’on croyait révolu, doivent nous inciter à redoubler de vigilance dans la surveillance de l’endémie lépreuse en Afrique.

Pierre Bobin est rédacteur en chef du Bulletin de l’Association des Léprologues de Langue Française (ALLF)
4 rue Jean-Jacques Bel – 33000 Bordeaux
pibobin@wanadoo.fr