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Entretien avec Mgr Sawaf, archevêque de Lattaquieh, Syrie

Roger Kaïrallah, responsable des projets Orient/Moyen-Orient à la Fondation, a rencontré Mgr Sawaf, archevêque de Lattaquieh, en Syrie. Celui-ci prend la parole pour les donateurs de la Fondation.

J’ai rencontré Monseigneur Nicolas Sawaf, archevêque de Lattaquieh et partenaire de la Fondation Raoul Follereau lors de l’une de ses visites. L’entretien que nous avons eu fut cordial. Je transcris ici ce qu’il m’a rapporté de la situation de son pays.

« La situation politique en Syrie n’est un secret pour personne. Après des années de guerre, elle semble plus que jamais enlisée, sans perspective. Personne ici ne sait comment le pays va s’en sortir. Jamais, jusqu’à présent, la religion n’avait été facteur de division en Syrie. Aujourd’hui, la tension est palpable, et le fanatisme augmente d’un côté comme de l’autre. Les relations de voisinage et de travail s’en ressentent fortement : la cordialité et la convivialité ont disparu, et je crains fort que cet éloignement ne soit sans retour !

Par ailleurs, le nombre d’hommes diminue de plus en plus, entre ceux qui sont mobilisés et qui ne rentrent pas, et ceux qui choisissent l’exil. Cette situation conduit à deux choses : l’absence de père dans de nombreuses familles, et l’absence de maris pour les jeunes filles, notamment les jeunes chrétiennes, poussées à épouser des musulmans. Cela est dramatique. Les jeunes chrétiens (comme les musulmans, d’ailleurs) sont nombreux à quitter le pays. C’est notamment le cas dans les classes les plus aisées et les plus éduquées.

Le pays est aussi confronté aux problèmes de toute guerre : beaucoup d’enfants ne peuvent plus aller à l’école, car les écoles ont été détruites ; les prix ont été multipliés par dix, par vingt ; il y des personnes qui survivent et ceux qui en vivent. »

Y a-t-il encore de l’espoir aujourd’hui ?

« Malgré la guerre, l’Eglise continue et continuera coûte que coûte son apostolat. C’est notre hommage à la vie, à Dieu, à  nos paroissiens, à notre communauté. D’ailleurs, si avant-guerre nous constations un relâchement de la foi, nous assistons à un profond revirement et les chrétiens aujourd’hui veulent vivre leur chrétienté en communauté. Les déplacés ne font que répéter : les djihadistes nous ont tout pris, maisons, terrains… mais ne peuvent nous prendre notre foi chrétienne. Les associations chrétiennes caritatives aident chrétiens et musulmans sans distinction. Elles ont offert des repas gratuits pour le Ramadan.

Pour ce qui est des jeunes et de leur avenir, d’une part nous avons une équipe de jeunes formés qui aident les déplacés, et d’autre part, nous avons beaucoup de foyers universitaires qui accueillent, à des prix dérisoires, garçons et filles pour leur permettre de continuer leurs études, et s’ouvrir de nouveaux horizons. »

Avez-vous un message à lancer?    

« Nous voulons la paix ! Et je rejoins le message de notre Pape François: « Au lieu d’envoyer des aides humanitaires aux pays en guerre, cessez d’envoyer des armes… ». Prions pour la paix ! »


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