Fondation Raoul Follereau

Reconnue d'utilité publique







Accueil > Actualités > Lèpre - recherche : et si la lèpre ne concernait pas que les hommes ?



Lèpre - recherche : et si la lèpre ne concernait pas que les hommes ?

Le vendredi 11 novembre, le professeur S. Cole, Président de la Commission scientifique et médicale de la Fondation Raoul Follereau, a fait part de l’avancée de ses recherches dans le magazine Science. Il mentionne l’existence d’écureuils porteurs d’une forme de lèpre présente en Europe au Moyen-Age.

La lèpre et sa transmission ne se réduisent pas à l’humanité, mais sont reliées au monde animal. C’est en synthèse ce qu’explique le professeur Stewart Cole, Président de la Commission scientifique et médicale de la Fondation Raoul Follereau dans l’article collaboratif qu’il a publié le vendredi 11 novembre dans la revue Science. Cette affirmation est l’aboutissement d’un travail de recherche commencé avec la découverte d’écureuils roux portant les stigmates de la lèpre dans les îles britanniques, et notamment en Ecosse.

A la suite de cette découverte, le professeur Cole et son équipe, qui avaient travaillé sur le séquençage du génome du bacille de Hansen responsable de la lèpre, ont effectué un patient travail de détective. Après avoir prélevé les tissus sur les cadavres de 114 écureuils (110 écureuils roux et 4 écureuils gris), porteurs ou non des stigmates de la lèpre, ils les ont analysés.

Ils ont ainsi découvert que tous les écureuils portant les stigmates de la lèpre avaient effectivement été porteurs du bacille, mais aussi que 21% des écureuils sans signes cliniques étaient également infectés, que ce soit par le bacille Mycobacterium leprae ou Mycobacterium lepromatosis.

Autre découverte intéressante : les plus proches parents de la souche Mycobacterium leprae trouvée sur l’île de Brownsea proviennent de l’Europe médiévale. Cette même souche a été trouvée à la fois sur les écureuils roux, sur des restes humains datant d’il y a 730 ans dans la même région, et sur les tatous à neuf bandes au sud des Etats-Unis.

Selon les termes de l’étude, il est même possible que les humains aient pu être infectés par contact avec des écureuils roux qui portaient M.Leprae, puisque ces animaux étaient prisés pour leur fourrure et pour leur viande.

Cette étude est d’une très haute importance dans la lutte contre la lèpre parce que les infections zoonotiques qui viennent de réservoirs animaux peuvent contribuer à la stagnation de l’incidence de la lèpre, malgré un traitement répandu et la PCT.


Haut de page

Nos actualités


Le témoignage de Fidèle, une ancienne malade de la lèpre.