Fondation Raoul Follereau

Reconnue d'utilité publique







Accueil > Actualités > Osanne Darantière, une photographe à la rencontre des lépreux



Osanne Darantière, une photographe à la rencontre des lépreux

Au mois de juillet dernier, Osanne Darantière a participé à une mission photographique au Bénin au profit de la Fondation Raoul Follereau. Elle a accepté de nous donner son témoignage sur cette première rencontre avec les lépreux.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Osanne Darantière, 25 ans, je suis passionnée depuis toujours par différents domaines artistiques. Cette passion m’a conduite assez naturellement à devenir restauratrice de tableaux, métier que j’exerce par le biais de mon atelier à Paris. Depuis 2011, je complète cet amour de l’image par la photographie, que je conçois comme un art permettant de saisir les choses sur le vif, et de restituer les sentiments et l’émotion ressentis au moment du cadrage. J’aime que mes photos racontent une histoire…
Ayant commencé en réalisant des photos de théâtre, les sujets de mes photos se sont multipliés avec des portraits, des scènes de rue, de la joaillerie, des mariages, des voyages ou encore des détails de la vie quotidienne : tout ce qui jalonne notre environnement constitue à mes yeux un vaste ensemble de sujets artistiques.

Comment avez-vous connu la Fondation Raoul Follereau ?
J’ai connu la Fondation Raoul Follereau par le scoutisme à Nantes. Mon groupe participait chaque année aux quêtes pour les lépreux au mois de janvier.

Vous avez participé à une mission pour la Fondation. Pourquoi ?
L’Afrique, sa culture, la vie quotidienne dans les villes plus ou moins développées  jusqu’aux petits villages perdus au milieu de la brousse était un rêve pour moi depuis très longtemps. La Fondation Raoul Follereau en me proposant ce reportage photo m’offrait plus que cela : réaliser mon rêve de voyage en Afrique mais au service de la Fondation, c’est-à-dire avec un but humanitaire en parfait accord avec mes valeurs. Découvrir la réalité de la maladie de la lèpre pour laquelle j’avais plusieurs fois quêté sans vraiment savoir de quoi il s’agissait m’intéressait également. Enfin, ce reportage photos sur les actions de la Fondation Raoul Follereau au Bénin était un challenge puisque je n’avais jamais eu l’opportunité de faire une mission photographique dans un tel cadre.

Combien de temps a duré cette mission ?
Cette mission a duré 10 jours, du 4 au 14 juillet, qui sont passés bien trop vite !

Qu’est-ce qui vous a marqué durant cette mission ?
L’accueil bienveillant des gens que j’ai croisé durant toute la mission, que ce soit le personnel soignant de la Fondation Raoul Follereau ou les malades que nous avons rencontrés. Les salutations et les sourires tout au long de la journée, la joie de vivre des enfants m’ont beaucoup marquée. Arrivée dans le centre de santé de Pobé depuis à peine cinq minutes un petit garçon de trois ans et demi, malade,  court pour attraper ma main et marcher avec moi en me regardant avec ses grands yeux pétillants et me faisant d’immenses sourires…Quelle spontanéité !
J’ai également été impressionnée par tout le travail réalisé par la Fondation Raoul Follereau à Pobè et dans ses alentours : un centre de santé très développé (salle de pansements, blocs opératoire, rééducation, laboratoire, archives, école etc) au milieu d’une grande ville très pauvre où rares sont les bâtiments avec l’électricité, l’eau courante et les conditions d’hygiène correctes.  J’ai été marquée par l’humanité du personnel soignant envers les patients, malgré les difficultés de compréhension en raison des très nombreux dialectes. Beaucoup de personnes  viennent des pays voisins pour se faire soigner grâce à la réputation médicale du centre. Médecins et infirmiers passent des heures en voiture sur des pistes plusieurs fois par semaine afin d’apporter des médicaments, soigner et détecter des nouveaux cas d’ulcère de buruli ou de lèpre dans les villages les plus reculés,  au fond de la brousse et parfois difficilement accessibles !
Les malades soignés par la Fondation Raoul Follereau ne sont pas des numéros ni seulement des patients dont on ne s’occupe plus après la guérison. Une grande importance est accordée au suivi après leur guérison : la Fondation aide, par exemple, les malades de la lèpre, rejetés de la société puisque cette maladie est considérée là-bas comme un envoûtement, à retrouver une maison, un travail, une vie sociale, une dignité aux yeux des autres. Elle ne renvoie pas dans la rue un jeune sans famille ni travail mais l’aide à s’en sortir et garde contact avec les anciens malades réintégrés.

Qu’est-ce qui a changé dans votre perception de la Fondation entre le départ et la fin de la mission ?
Ne connaissant ni l’Afrique, ni vraiment la Fondation ni le monde médical, je ne savais pas tellement à quoi m’attendre au départ de cette mission. J’ai découvert concrètement tout ce que fait la Fondation au Bénin depuis des années pour guérir ces maladies ainsi que pour avertir et prévenir les populations à propos des symptômes et de l’importance de se faire soigner rapidement pour éviter le développement de la maladie et des séquelles à vie.
Cette mission m’a aussi permis de réaliser pour qui et pour quoi j’avais passé des après-midi de janvier dans le froid à quêter pour les lépreux et m’a  fait prendre conscience  de l’importance de ces services rendus. (Quand on voit la taille d’un pansement pour une plaie de lèpre ou de l’ulcère de buruli et la fréquence à laquelle il faut les changer, on comprend mieux l’importance de ces quêtes !).

Vous avez rencontré des lépreux lors de cette mission. Quelle impression en avez-vous retirée ?
Le naturel avec lequel un lépreux vous tend son moignon pour serrer votre main est surprenant et casse immédiatement les clichés que nous avons avant d’en avoir rencontré. Ce sont des hommes comme les autres, parfois  avec des moignons à la place des mains ou des pieds mais c’est loin d’être toujours le cas, certains lépreux n’ont aucune séquelle visible et ceux qui en ont peuvent retrouver une vie normale après avoir été soignés. Nous avons par exemple rencontré un ancien lépreux rejeté de sa famille et de son village, réintégré dans la société grâce à sa volonté de s’en sortir et à l’aide de la Fondation. Il a aujourd’hui une maison et travaille tous les jours dans les champs et la basse-cour malgré ses moignons et son absence de doigts de pied. Nous sommes loin des clichés sur les léproseries à ne pas approcher pour ne pas être contaminés…

Referiez-vous une mission pour la Fondation ? Pourquoi ?
Cette mission a été une expérience extraordinaire très marquante et enrichissante à tous points de vue et je n’en garde que d’excellents souvenirs. Je n’hésiterai donc pas une seconde si j’avais l’occasion de refaire une mission pour la Fondation et j’espère que l’occasion se représentera!

Feriez-vous du bénévolat pour la Fondation ? Pourquoi ?
Pourquoi pas ! J’ai été très enthousiasmée  par cette mission, je connais maintenant la Fondation et réalise l’importance de sa présence dans le monde, de tout ce qu’elle a déjà fait et qu’elle continue de faire pour aider et guérir ces populations défavorisées. Les sourires des malades, en particulier des enfants, que j’ai eu la grande chance de rencontrer donnent une belle leçon de vie et sont motivants pour faire perdurer cette belle œuvre !


Haut de page

Nos actualités


Le témoignage de Fidèle, une ancienne malade de la lèpre.