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"La lutte contre la lèpre hier, aujourd'hui et demain"

Le docteur Roch-Christian Johnson, conseiller médical de la Fondation, et le docteur Annick Chauty, ancienne directrice du Centre Raoul et Madeleine Follereau de Pobè, au Bénin, réalisent actuellement un tour de France en 5 étapes pour donner une conférence intitulée « la lutte contre la lèpre hier, aujourd’hui et demain ». Ils font pour vous le point sur les besoins du terrain.

Pour nos contemporains en France la lèpre est une maladie qui appartient à l’Histoire. Pourquoi ?

Dr Chauty : La lèpre est effectivement une maladie ancienne avec un lourd passif. Elle est évoquée dans des textes anciens, notamment dans la Bible où le comportement à l’égard des lépreux fait l’objet de lois. Mais jusqu’à une époque récente, on ne savait pas guérir la lèpre. Tout juste pouvait-on les soigner, c’est-à-dire laver leurs plaies. Dans la plupart des civilisations, les lépreux sont exclus de la vie sociale et font l’objet d’un rejet de la part de leur propre famille. Le combat contre la lèpre a aussi ses grands noms, comme le Père Damien de Veuster qui est allé jusqu’à vivre avec eux, ou Raoul Follereau, l’Apôtre des Lépreux.

Dr Johnson : ce n’est qu’en 1981 que l’on a trouvé un médicament qui permette de soigner les lépreux : la poly-chimiothérapie (PCT). C’est une révolution : dès la première prise, le malade n’est plus contagieux. Mais il faut 6 mois à 1 an pour qu’il soit guéri. A l’époque, on pense que la lèpre sera éradiquée avant l’an 2000. Mais en 2000, il faut déchanter : certes la population globale de lépreux dans le monde a fortement diminuée, mais le nombre de nouveaux cas est resté stable : le traitement n’a pas réussi à rompre la transmission.


Nous en sommes là aujourd’hui. Qu’est ce qui a changé depuis ?

Dr Johnson : Depuis cette prise de conscience, l’approche a changé : on s’est rendu compte que la recherche avait été totalement absente de la lutte contre la lèpre, au profit d’une approche purement clinique. Il y a aussi les premiers cas de résistance à la PCT, la découverte de foyers de lèpre chez les animaux (tatou, écureuil). Il a fallu changer le fusil d’épaule.
En 2016, l’Association Internationale contre la lèpre (ILA), la Fédération des associations de lutte contre la lèpre (ILEP) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont mis à jour leurs plans d’action. L’objectif est triple : 0 transmission, 0 invalidité, 0 exclusion, en ciblant les pays les plus endémiques.

Dr Chauty : La Fondation Raoul Follereau a aussi co-organisé et participé au mois de juin à un congrès international sur la lèpre au Vatican. Pour la première fois, la parole a été largement donnée à d’anciens malades. C’est une avancée significative pour une meilleure prise en compte de l’homme dans toutes ses dimensions.
Ce travail de réhabilitation, nous l’avons mené durant plusieurs années au Bénin. En aidant d’anciens malades à trouver un métier, nous les réintégrons dans la société, nous leur rendons leur dignité. Parfois, certains conservent des infirmités importantes. Nous continuons à les aider et à les soutenir : un médecin se déplace pour leur apporter les soins nécessaires. Le travail d’équipe et la formation permanente sont donc la base de tout travail efficace. Le dialogue entre acteurs de terrain et chercheurs est en ce sens fondamental, et c’est la chance que procure l’organisation de la Fondation Raoul Follereau.

 

Retrouvez-nous lors des conférences à Monaco, Lyon, Pau, Nantes, Rennes et Paris en cliquant ici.


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