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Raoul Follereau : l'homme et son message honorés

Le 27 janvier dernier, en pleine Journée Mondiale des Lépreux, M. Sylvain Ducret, maire d’Ornans, a inauguré une rue portant le nom de Raoul Follereau. Le symbole était fort, puisque ladite rue conduisait historiquement à la maladrerie qui accueillait notamment les lépreux.


Le 27 janvier 2017 restera sans doute dans la mémoire de Micheline Matinenghi comme le synonyme d’un beau succès : ce jour-là, en effet, le maire d’Ornans, où elle réside, a dévoilé la plaque d’une nouvelle rue arborant le nom de Raoul Follereau.

Cette histoire a commencé lorsque Micheline entend parler d’une nouvelle rue à nommer dans sa commune. Cette nouvelle rue était jusque-là une voie communale ; le dynamisme du village en a fait une rue. Ni une, ni deux, Micheline, qui connaît l’histoire de sa commune et sait que cette route menait autrefois à une maladrerie*, propose au Conseil Municipal de nommer cette rue du nom de Raoul Follereau, grand défenseur des Lépreux.

Le Conseil Municipal se laisse convaincre et, à l’unanimité, vote en faveur de cette proposition. Le 27 janvier, la plaque est dévoilée par Monsieur le Maire en présence de notre bénévole et du délégué départemental de la Fondation Raoul Follereau. Vous pouvez retrouver ci-dessous l’allocution de M. le Maire à cette occasion, ainsi que des photos sur la page Facebook de la commune.

La Fondation Raoul Follereau salue le travail discret de ses bénévoles, véritables ambassadeurs qui diffusent partout en France le message de Raoul Follereau et mobilisent les Français pour la grande cause des lépreux et contre l’exclusion causée par l’ignorance ou la pauvreté.

*maladrerie : hôpital pour lépreux.

 

"Il y a peu le conseil municipal d’Ornans a décidé, unanimement, de donner le nom de Raoul FOLLEREAU à cette nouvelle rue, née de l’essor de la ville et de l’implantation de nouvelles entreprises en cet endroit.

Nous sommes donc réunis pour procéder au dévoilement de cette plaque, qui concrétise cette décision et honore officiellement ce bienfaiteur des lépreux et d’autres exclus, celui qui en 1953 lança avec succès l’idée d’une journée mondiale consacrée aux lépreux, célébrée, depuis, le dernier dimanche de janvier.

C’est ce qui explique bien entendu le choix de la date de cette discrète inauguration.

Le choix de l’endroit de cet hommage mérité relève quant à lui de l’histoire locale d’Ornans.

Au Moyen-Age en effet, était installée en ces lieux, à deux kilomètres de notre cité ornanaise une « maladrerie » qui « accueillait » - si j’ose dire- dans des conditions bien précaires et douloureuses les lépreux et autres malades, exclus par la communauté, elle-même terrorisée par la crainte des épidémies et de la contagion.

Cet usage, qui heurte notre sensibilité de citoyens modernes aujourd’hui, remontait aux temps les plus éloignés de notre société européenne et perdurera jusqu’à la fin du XVIIème siècle.

Au XIIIème siècle, alors que les épidémies et en particulier la lèpre, sévissaient durement, on comptait en Europe plus de 20.000 maladreries ou léproseries. Et plus de 2.000, rien qu’en France, sur un territoire qui correspondait à la moitié de la France d’aujourd’hui.

Ornans s’était donc, comme toute l’Europe d’alors, doté d’un lieu d’isolement et de relégation pour y rassembler tous ceux, étrangers ou habitants, qui paraissaient atteints d’une maladie contagieuse.
C’était ici, en bord de Loue, à proximité de cette route de la vallée déjà fréquentée sans doute, c’était ici un lieu de détresse, d’exclusion ou d’abandon.
Mais aussi, espérons-le, un lieu de compassion grâce au courage de quelques-uns !

Lorsque Raoul FOLLEREAU vient au monde à Nevers en 1903, la France est depuis longtemps débarrassée de ce fléau de la lèpre. Même si elle est menacée à court terme par un autre cataclysme, celui de la guerre qui privera le jeune Raoul FOLLEREAU de son père quelques années plus tard.

Orphelin de guerre, âgé de 15 ans à peine, Raoul FOLLERAU, à l’occasion d’une cérémonie à la mémoire des victimes de la 1ère guerre mondiale, prononce sa première conférence au cinéma Majestic de Nevers. Il y exprime alors, dans une phrase, ce qui sera la devise conductrice de sa vie : « Vivre c’est aider les autres à vivre et à être heureux, c’est faire des heureux !».

Epris de poésie, écrivain, journaliste, avocat, Raoul FOLLEREAU trouvera bientôt le champ d’application de son idéalisme et de son altruisme.

Selon la fondation qui porte son nom, c’est en 1936 qu’il rencontre des lépreux pour la première fois, au cours d’un reportage sur les pas de Charles De Foucauld.

Son engagement dans la lutte contre la lèpre et pour les lépreux, à proprement parler, commence en 1943. Il a alors un peu moins de 40 ans. Dès lors, il se charge de collecter les fonds nécessaires à la construction d’un village pour lépreux à Adzopé en Côte d’Ivoire. Pendant 10 ans, il parcourt les routes de France, de Belgique, de Suisse, du Liban et d’Afrique du Nord. Il y donne plus de 1.200 conférences.

En 1952, on dispose pour la 1ère fois d’un médicament qui guérit la lèpre : les sulfones ! Parallèlement, Raoul FOLLEREAU multiplie les initiatives visant à éveiller les consciences et mobiliser les foules. En 1953 -je l’ai dit -, il est à l’origine d’une journée mondiale annuelle pour les lépreux. Son engagement, sa vie durant, le conduira à faire 32 fois le tour du monde.

Depuis 1968, la fondation Raoul FOLLEREAU se bat en France et dans le monde contre la lèpre, l’ignorance et la pauvreté, qui condamnent cruellement leurs victimes à l’exclusion.
Indiscutablement, Raoul FOLLEREAU a beaucoup fait -et bien fait- pour les lépreux, quand il meurt à paris le 6 décembre 1977.

Sa lutte inlassable contre l’exclusion inique entrainée par la lèpre, heureusement continue après lui, grâce aux bénévoles qui la poursuivent.

Ainsi, à Ornans, où l’association Raoul FOLLEREAU y prend une part active et nécessaire.

En effet, la lèpre malgré tant de progrès obtenus, n’a pas encore été éradiquée.
En 2015, 210758 cas nouveaux ont été dépistés par l’OMS, dont 20% d’enfants.

Je tiens ici, au nom de la municipalité, à remercier tous les bénévoles d’hier et d’aujourd’hui, membres ornanais de cette association, si authentiquement humanitaire.

Les Ornanais, dont la générosité est souvent sollicitée et souvent manifestée, se réjouiront, j’en suis sûr de notre démarche de ce matin.

Le nom de Raoul FOLLEREAU a bien sa place à cet endroit, en lieu et place de notre ancienne maladrerie.
Et la plaque qui vient d’être dévoilée sera désormais le signe visible que les hommes, quand ils se mobilisent fraternellement, peuvent faire reculer peu à peu la lèpre, non seulement des corps mais aussi des esprits."


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