Couturier ivoirien, Aimé est une des figures de la Journée mondiale des malades de la lèpre 2026 : son parcours est un exemple de résilience et de solidarité.
Dans la rue, les passants saluent l’homme au rire éclatant. Vêtu d’une tenue soignée de sa confection, Aimé regarde fièrement passer les enfants du quartier portant ses créations. À le voir ainsi reconnu, nul n’imaginerait les épreuves traversées par l’homme de 30 ans… si ses mains atrophiées ne trahissaient une maladie redoutée.
Orphelin et membre d’une grande fratrie, Aimé est à son ouvrage le jour où il découvre des « ampoules » sur son pied, puis sur tout son corps. « Quand j’ai vu cela, je n’ai pas voulu que ma famille le sache car tu es alors vu d’une autre manière, donc j’ai caché et j’ai pris le traitement indigène ». Sans prise en charge médicale, la maladie progresse et l’état de ses mains s’aggrave alors qu’il est au Mali. Rentré en urgence en Côte d’Ivoire avec l’aide de sa sœur aînée, Aimé voit ses proches s’éloigner de lui : « personne ne voulait m’approcher, j’étais isolé comme une personne dans le désert. Mais ma grande sœur a été comme une mère pour moi, quand tous doutaient, elle m’a soutenu.

Dans son atelier, Aimé présente ses dernières créations à l’assistante sociale, Sr Tano Akoua ©Ralph Groupe Studios
À Adzopé, une rencontre salutaire
Arrivé au service des grandes endémies de Tiassalé, Aimé est orienté vers l’Institut Raoul Follereau d’Adzopé. « C’était un grand hôpital, j’étais découragé, le médecin a vu que j’étais inquiet et m’a rassuré, si je suivais bien le traitement, au bout de 9 ou 12 mois, j’aurais la santé. » Le temps d’hospitalisation est éprouvant pour Aimé, et sa rencontre avec l’assistante sociale sœur Tano Akoua marque un tournant :
« J’ai écouté la sœur Tano et ça m’a tellement motivé, j’ai oublié que j’étais malade, ses paroles m’ont donné le courage de suivre le traitement et de reprendre mon métier ! »
Guéri et de retour chez lui, Aimé ouvre un atelier de couture, malgré son handicap aux mains, avec l’aide de la Fondation Raoul Follereau : « grâce à la Fondation, j’ai rattrapé le temps perdu dans la maladie, ils m’ont donné la chance d’évoluer, aujourd’hui je marche la tête haute ! » Rayonnant, Aimé rêve, à l’avenir, d’offrir à son tour un emploi aux personnes dans le besoin.
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Découvrez ci-dessous son témoignage diffusé lors la Journée mondiale des malades de la lèpre 2026 :