Couturier, ancien malade de la lèpre, Aimé a longtemps été mis à l’écart à cause de sa maladie.
Grâce aux soins et à l’accompagnement du centre d’Adzopé (Côte d’Ivoire) soutenu par la Fondation Raoul Follereau, il a pu être soigné et se reconstruire après la maladie.
Du rêve au cauchemar
Orphelin dans une fratrie de 9 enfants, Aimé apprend seul la couture. “Depuis petit, j’aime bien m’habiller, alors je me suis dit : pourquoi ne pas apprendre ce métier ?” L’espoir l’emmène au Mali : “J’ai quitté mon village dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie.” Mais c’est là que tout bascule.
“Un matin, j’ai vu des sortes d’ampoules sur mes pieds. Mon frère m’a dit que ça passerait…
J’ai fini par croire qu’on m’avait jeté un sort.” Les lésions gagnent ses mains, ses outils de travail. L’exclusion suit : “Cette maladie, tu ne peux pas la cacher… Les gens s’écartaient de moi dans les mariages, les baptêmes. J’étais mis à l’écart. Je me suis senti comme une personne dans le désert. J’étais frustré, mal à l’aise en public… et découragé de tout, même de vivre.”
La Renaissance à Adzopé
Un saignement de nez le conduit enfin chez le Dr Touré, qui l’oriente vers Adzopé. Le diagnostic tombe : la lèpre. « Il m’a dit que je devrais rester au moins un an. J’étais découragé… mais il m’a rassuré : si je suivais bien les soins, je guérirais.”
C’est là qu’Aimé rencontre Sœur Tano Akoua. “Dès la première réunion avec elle, j’ai retrouvé un peu de joie. J’ai presque oublié que j’étais malade. Ça m’a soigné dans le cœur, avant même que le médecin soigne mon corps.”
La reconstruction commence, mentale d’abord :
“Si tu te vois comme un malade, alors tu es malade. J’ai des séquelles physiques, mais je refuse d’en garder dans ma tête.”
La reconstruction commence, mentale d’abord :
“Si tu te vois comme un malade, alors tu es malade. J’ai des séquelles physiques, mais je refuse d’en garder dans ma tête.”
La Fondation Raoul Follereau l’aide à reprendre son métier de couturier. “Ça a été une bénédiction. Ils ont financé mon matériel pour reprendre la couture. Avant, j’étais rejeté. Aujourd’hui, on admire ce que je fais. Je marche la tête haute.” Dans l’atelier installé chez sa sœur, qui ne l’a jamais abandonné, il retrouve sa dignité.
Ses rêves ont grandi :
“J’aimerais avoir mon propre espace, me perfectionner encore et employer du monde.”
Sa mission aussi : “On m’a tendu la main, alors je veux la tendre aux autres. Je veux sensibiliser les jeunes, leur dire de trouver leur passion et de la suivre.”
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