FAIRE UN DON
Déductible de vos impôts

Au Cameroun, à Omvan, les machines coudre tournent à plein régime. Dans l’atelier, 16 femmes achèvent leur formation de 3 ans en couture. Toutes ont un point commun : elles vivent dans la précarité. Cette formation, sponsorisée par la Fondation Raoul Follereau, représente l’espoir d’une nouvelle vie, plus digne, plus juste grâce au travail.

 

 

 

A Omvan, la vie s’écoule au rythme des saisons. Ce village isolé dans la brousse se trouve à une trentaine de kilomètres de Yaoundé, la capitale du Cameroun. C’est là, en 1996, que s’est implanté un dispensaire de santé puis une école maternelle à la demande de l’évêque de Yaoundé. Tenu par des religieuse, ce centre de santé s’est développé au fil des années avec pour seule mission celle de d’aider les plus fragiles. Cette œuvre est soutenue par la Fondation Raoul Follereau depuis de nombreuses années. Une attention toute particulière est portée par les équipes aux femmes dont le quotidien est une lutte permanente. Sensible à la question des femmes, sœur Laeticia a créé un centre de formation en coupe et couture.

 

 

« J’ai retrouvé ma dignité »

 

 

Omvan et les villages alentours sont frappés d’un même phénomène : l’exode rurale. Afin d’améliorer leurs conditions de vie et leurs revenus, beaucoup de jeunes, garçons comme filles, quittent leur village pour Yaoundé. « Les habitants sont très pauvres de la région et tout le monde veut fuir la vie en brousse. Les jeunes vont pour étudier mais très vite, le manque d’argent les oblige à abandonner ce projet. Je vois des femmes très déçues par la vie. Elles ont perdu l’estime d’elles-mêmes », déplore sœur Laeticia. En ville, ces jeunes filles se retrouvent rapidement dans une grande précarité et courent le risque de sombrer dans la prostitution ou la drogue. « La femme est la première à subir les situations de conflits dans la société. »

Il y a trois ans, sœur Laeticia est parvenue à mettre en place centre de formation professionnelle pour les femmes : « J’ai toujours été touchée par la condition de la femme dans le village. J’ai voulu les aider à prendre leur envol grâce à l’étude et l’apprentissage. » Ce centre de promotion de la femme propose un cursus coupe-couture et alphabétisation. « Elles étaient désireuses d’apprendre un métier. Beaucoup vivent des situations difficiles et sont dans une grande précarité sociale. »

Les cours ont lieu deux fois par semaine mais l’atelier est ouvert en permanence. Les femmes en formation peuvent vendre leur production tout en continuant leur formation. Elles réalisent aussi les vêtements de leurs enfants. Depuis la création de cette formation, la directrice organise chaque année un défilé avec les créations des femmes. Une d’elles confia un jour à sœur Laeticia : « j’aime beaucoup ces défilés. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie femme, j’ai retrouvé ma dignité. »

 

Cette année s’achève le cycle de trois ans et 16 femmes, âgées de 18 à 40 ans, seront bientôt diplômées. Elles pourront créer leur propre atelier, à l’aide de machines que leur procureront les sœurs, ou bien être embauchées.