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En Irak, depuis la fin de la guerre, la plaine de Ninive renaît peu à peu de ses cendres. A Qaraqosh, dans le Nord du pays, les chrétiens tentent de rebâtir.

La ville de Qaraqosh a été en grande partie détruite pendant la guerre contre le groupe terroriste appelé Etat islamique. Parmi les chantiers prioritaires se trouve l’école publique de Qaraqosh. Les travaux de reconstruction de l’école ont débuté en avril 2019. Unique école publique de la région, elle permet aux enfants de familles défavorisées d’accéder à l’éducation. Les écoles privées étant onéreuses. Ce projet est cofinancé par la Fondation Raoul Follereau, la région de l’Ile-de-France, la Fondation Mérieux et la Fondation Saint Irénée.

Défendre les minorités

Ces travaux sont possibles grâce, entres autres, à Hammurabi Human Rights Organization (HHRO), partenaire de la Fondation Raoul Follereau. HHRO est une ONG irakienne créée en 2005 par Pascale Warda, ancienne ministre de l’Immigration et des Réfugiés, et son mari, William Warda. Cette ONG a pour but de promouvoir et de protéger les droits de l’homme en Irak à l’échelle régionale, nationale et internationale. Elle protège particulièrement les minorités du pays : chrétien, yézidi, sabéen, mandéen, Turkmène, assyrien, Arménien, etc. HHRO travaille avec la Fondation Raoul Follereau afin de permettre aux minorités persécutées de retourner dans leurs villages. Pour la reconstruction de l’école publique de Qaraqosh, l’ONG irakienne assure le lien entre les partenaires du projet et le gouvernement irakien.

« A Qaraqosh, par exemple, il y avait 54 000 chrétiens en 2014,
aujourd’hui, il n’en reste que 22 000. »

Pour Yohanna Yousef Towaya, « assurer le lien entre les ONG et l’Etat n’est pas une mince affaire. Le pays est composé d’une dizaine d’Etats, l’Irak étant une république fédérale. Le gouvernement en place ne s’occupe pas des Irakiens et suit ses propres intérêts sous l’influence de l’Iran. Les Chiites irakiens possèdent une grande force paramilitaire : les milices de la Mobilisation populaire (MPF). Ces milices ont le pouvoir dans cet Etat sclérosé par la corruption. »

Dans ce contexte, la défense des minorités et leur retour en Irak est une priorité pour HHRO. « Les chrétiens ont fui au Liban, en Turquie, en Jordanie… Tous attendent leur ticket de sortie vers l’Occident ou l’Océanie. A Qaraqosh, par exemple, il y avait 54 000 chrétiens en 2014, aujourd’hui, il n’en reste que 22 000. En 2014, lors de l’invasion de Daech, les chrétiens ont tout laissé derrière eux dans la précipitation. Ceux qui veulent rentrer chez eux n’ont plus rien. » Les Chiites au pouvoir surnomment les chrétiens les « Fleurs de l’Irak » mais, aux yeux de Yohanna, « ils écrasent ces fleurs. »

L’école de Qaraqosh avant le début des travaux de reconstruction en images.

La modification de l’article 26 de la loi sur la carte nationale est l’un des combats de HHRO depuis six ans. Cet article impose la conversion automatique à l’islam des enfants si le père ou la mère est musulman. « L’Irak est un état laïc. La seule contrainte est de ne pas légiférer contre l’islam. Nous avons travaillé avec le Parlement et le Premier ministre. Nous attendons une réponse de la part des autorités religieuses. » 

Casser la peur

 Bon nombre de chrétiens sont toujours en état de choc : « ils ne veulent plus avoir affaire avec des musulmans… A Qaraqosh, des milices chrétiennes filtrent les entrés de la ville. Nous sommes contre ces méthodes qui tuent l’économie locale et n’incitent pas les gens à revenir. Les prix sont trop élevés et il est quasi impossible de créer son commerce car il n’y a pas de client. » Les chrétiens de Qaraqosh travaillent à Mossoul et rentrent le soir. « Ils ont peur de s’installer à Mossoul. Nous souhaitons casser cette peur. »

Yohanna Yousef Towaya croit au dialogue islamo-chrétien. « Nous avons réalisé deux workshop sur la liberté religieuse et la liberté de penser. Quinze personnes ont ensuite été désignées pour organiser et animer des conférences sur le sujet à Mossoul. Au fil des conférences, les auditeurs étaient de plus en plus nombreux. Au début, les musulmans assistaient sans participer. A présent, ils sont des membres actifs de ces conférences. Certains m’ont fait part de l’urgente nécessité de réformer l’islam en ajoutant qu’il n’était pas acceptable de vivre sa foi comme il y a 1000 ans. » Le succès de ces conférences est tel qu’un groupe de 3000 musulmans s’est formé pour aider les chrétiens à rebâtir les églises. « Pour financer les travaux, ils font des quêtes dans les mosquées. Ils ont même assisté aux messes. Les musulmans de Mossoul ne souhaitent pas que les chrétiens disparaissent. »

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