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Le 16 novembre 2019 s’est déroulée, à l’École Militaire de Paris, la Foll’Journée de la Fondation Raoul Follereau. Conférences, ateliers, témoignages… la journée a été riche en rencontres et émotions. Un beau succès placé sous le signe de la conviction et de l’engagement en faveur des plus démunis.

 

« Le socle de la lèpre, c’est la pauvreté. » Le docteur Bertrand Cauchoix ne mâche pas ses mots à l’ouverture de la Foll’Journée. Devant une centaine de bénévoles, il a rappelé que la lèpre n’est pas une maladie du passé mais bien un mal qui ronge encore 210 000 personnes de plus chaque année. « Dans les pays les plus touchés, Brésil, Inde, Madagascar, Bénin, etc. la priorité pour les malades n’est pas de se soigner mais de se nourrir et nourrir sa famille. Face à ce constat, il faut soit éradiquer la pauvreté, soit éradiquer le bacille[1] », souligne le médecin. Il n’existe pas encore de vaccin contre la lèpre mais des recherches sont menées aux Etats-Unis, avec le soutien de la Fondation Raoul Follereau (FRF). En attendant, le médecin représentant de la FRF n’a qu’un mot d’ordre : « dépister tôt pour guérir tôt. Aujourd’hui, 30 % des malades dépistés présentent des invalidités car ils ont été dépistés tardivement. » Dépister tôt implique de dépister de manière active : « Il faut aller chez les gens car très peu viendront au centre de santé de leur propre chef. »

 

Oleg Ouss, directeur des projets de la Fondation Raoul Follereau.

Sur la base de ce constat et de manière plus globale, le nouveau directeur des projets, Oleg Ouss, a ensuite présenté les axes stratégiques de la Fondation Raoul Follereau dans ses trois domaines d’action : soigner, éduquer et réinsérer. Il a notamment souligné l’importance de la fidélité et de l’innovation qui infusent chacun des engagements de la FRF. « C’est bien en partageant nos convictions autour de projets innovants que nous pouvons, comme le disait Raoul Follereau, donner vie à ces initiatives. »

Une vision qui a été illustrée par le témoignage de trois partenaires engagés dans la santé, l’éducation et la réinsertion. Ainsi, le père Christian Steunou a pu présenter avec beaucoup d’humilité l’immensité de son travail au Bénin, à la léproserie de Davougon, devenue par la suite un centre de soins dont la réputation et les biens-faits rayonnent dans toute la région. « Nous ne l’avons pas choisi. Nous avons été guidés par les malades eux-mêmes. Nous n’avons aucun plan, aucun programme, mais juste une réponse aux cris de détresse des pauvres. » Un mode d’action partagé avec Jean-Baptiste Nouailhac, directeur du cours Clovis et cofondateur d’Espérance Ruralités. « Nous travaillons à La Fère, qui est l’une des villes les plus pauvres de France. Les élèves que nous accueillons ont tous des parcours de vie difficiles et 40 % ont été victime du harcèlement scolaire. Notre objectif est de revaloriser ces enfants en les aimant et les responsabilisant pour qu’ils se déploient. » Roger Khairallah, représentant de la Fondation Raoul Follereau au Moyen-Orient, a ensuite présenté les projets de réinsertion en Irak, au Liban et en Syrie remis en perspective dans un contexte géopolitique complexe. « Nous œuvrons pour les minorités persécutées dans des régions en guerre : les chrétiens et les yézidis. Il y a tout de même beaucoup d’espoir qui anime les personnes que l’on aide à rester dans les villages. » Des témoignages de partenaires se sont poursuivi dans l’après-midi avec les interventions de Monseigneur Keyrillos, évêque d’Assiout en Egypte, docteur Barogui, médecin-chef du centre de dépistage et de traitement de l’ulcère de Buruli de Lalo au Bénin et Aymeric O’Neill, éducateur de rue et fondateur de la maison Bernadette à Marseille.

Ainsi, le combat de la Fondation Raoul Follereau et de son fondateur avant elle, est bien de lutter contre la lèpre et toutes les autres lèpres comme l’ont rappelé Pierre-Yves Thiébault, président du conseil de surveillance, et Michel Récipon, président du directoire, dans leurs interventions sur la vie de Raoul Follereau et le combat que mène la Fondation depuis soixante ans.

 

« Un cœur et un amour combatifs »

 

Lors de cette journée, le philosophe Fabrice Hadjadj a montré l’actualité du message de Raoul Follereau lors de sa conférence sur « l’apocalypse du coin de la rue ». Il a mis en lumière l’exhortation de Raoul Follereau à se méfier de l’enthousiasme : « Vous ne sauverez pas le monde avec des points d’exclamation. » A l’évidence, le vagabond de la charité tirait déjà la sonnette d’alarme face à un horizon d’extinction. « Il nous invite à dégager un nouvel horizon avant de s’engager et à réveiller l’espérance. Ce qui nous pousse à agir, ce n’est pas la réussite ou la perspective d’un futur. Ce qui nous motive pour rester humain, c’est l’Eternel. Je suis en mission sur cette terre, pris dans une époque, dans une aventure, qu’on le veuille ou non. » Fabrice Hadjadj a souligné la radicalité de Raoul Follereau : « Le cœur est lié au courage. L’amour est lié au combat. Raoul Follereau avait un cœur et un amour combatifs. »

Sébastien Perret, fondateur de Vientiane Rescue, Didier Piaton, contre-amiral, Antoine Beauquier, cofondateur du cabinet Boken et adjoint au maire du XVIe et Frédéric Van Heems, directeur général de Veolia Eau France, ont ensuite débattu sur la conviction et l’engagement qui animent leur quotidien. En égard de leur parcours, les quatre intervenants avaient des points de vues différents.

 

            La Fondation Raoul Follereau vous donne rendez-vous en 2021 pour sa prochaine Foll’Journée.

 

 

[1] Le bacille de Hansen est la bactérie à l’origine de la lèpre.

 

 

Elles témoignent !

Françoise

donatrice régulière

 

« Je suis une habituée des congrès de la Fondation Raoul Follereau. Les témoignages m’ont beaucoup marqué notamment celui de Fabrice Hadjadj. Je suis touchée de voir que mes dons servent concrètement à faire de belles choses. »

Christiane

 

 

« Tous les intervenants étaient très intéressants. La conviction est quelque chose d’extraordinaire comme moteur de vie. Il faut savoir donner en fonction des besoins réels et non pas pour avoir bonne conscience. Je m’en rends bien compte maintenant que je suis handicapée et c’est ce que j’apprécie dans l’engagement de la Fondation Raoul Follereau. »