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La pandémie Covid-19 a eu plusieurs impacts dans les rouages de la lutte contre la lèpre. Les chiffres de l’année prochaine pourraient ne pas correspondre à la réalité du terrain.

 

Le virus de la Covid-19 aura mis à genoux de nombreux pays tant sur le plan économique que social. De manière moins visible par le grand public, il aura eu un impact non négligeable sur la lutte contre la lèpre et ceci à « trois niveaux différents », précise le docteur Roch Christian Johnson, médecin conseiller de la Fondation Raoul Follereau et président de l’ILA[1]. Tout d’abord, le dépistage de la maladie parmi les populations vulnérables a été ralenti. « Dans la lutte contre la lèpre, nous allons au-devant des malades en réalisant des dépistages actifs de village en village », explique le médecin. En raison du confinement et des mesures sanitaires prises pour limiter la propagation de la Covid-19, « nous avons dû opter pour le dépistage passif. Ce qui signifie que les personnes doivent venir d’elles-mêmes au centre de santé. Lorsque l’on regarde les chiffres de l’année dernière, nous constatons une baisse du nombre de nouveaux cas car beaucoup de malades n’ont pas été dépistés. »

 

« La pandémie va fausser les chiffres

de la lèpre pour l’année prochaine. »

 

Rien qu’au Bénin, le docteur Ronald Gnimavo, médecin du Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli de Pobè « Raoul et Madeleine Follereau », a relevé une baisse de 50 % des nouveaux cas de lèpre et 40 % des nouveaux cas d’ulcère de Buruli dépistés par le centre par rapport aux données de 2019 sur la même période. D’une manière générale, l’hôpital de Pobè a réalisé 30 % en moins de consultations. Par ailleurs, le docteur Johnson souligne aussi que « les équipes de santé ont été bloquées dans la prise en charge des patients. Pour soigner la lèpre, il y a douze mois de traitement que les soignants donnent tous les trois mois. Le cordon sanitaire mis en place en Afrique a empêché les malades de venir chercher leur traitement. » Autre conséquence, cette fois-ci sur les soins des plaies. « Dans certains pays d’Afrique, nous avons eu des pénuries en pansements par manque d’approvisionnement. »

[1] International Leprosy Association