Alors que la lèpre semble appartenir au passé pour de nombreux Français, des actions sont organisées par les bénévoles de la Fondation pour sortir la maladie de l’oubli.
« Je ne savais pas que ça existait encore ! », « la lèpre, c’est une maladie du Moyen-Âge. » Étonnement, doutes, curiosité : ces réactions sont les plus courantes, en France. En 2024, 19 nouveaux cas ont été déclarés en métropole (Rapport OMS 2025), suivis par une équipe de chercheurs et médecins prêts à répondre aux questions des soignants peu confrontés à la maladie. À côté de ces experts, les bénévoles de la Fondation Raoul Follereau ont à cœur de mettre en lumière ce mal tombé dans l’oubli, et avec lui les millions de personnes qui en subissent les séquelles dans le monde.
Bénévole dans son pays, il témoigne aujourd’hui en France
Depuis qu’il a rejoint les équipes des bénévoles de la Fondation, dans le Grand-Est en 2023, Abéro est touché de l’intérêt qu’il éveille lorsqu’il témoigne. Lui-même a grandi en République du Congo, et se souvient de sa première rencontre avec la lèpre : « Je menais une action solidaire dans une région forestière au nord du Congo, et en cherchant de l’aide pour dépanner mon véhicule, j’ai rencontré une famille, inquiète, qui m’a expliqué que leur sœur souffrait d’une maladie honteuse, la lèpre. J’ai demandé à la rencontrer : elle était abandonnée à elle-même, à 2 km du village. J’ai contacté un ami médecin qui a fait le lien avec un centre de santé où elle a pu être prise en charge. C’était en 2001. La Fondation Raoul Follereau est bien connue au Congo, alors en arrivant en France, j’ai voulu aider ici aussi. »
« Quand toi tu souris, d’autres vivent dans la précarité. C’est en rappelant cela que je recrute d’autres bénévoles » explique Abéro. ©FRF
Une exposition qui fait réagir
Parmi les actions déployées par les bénévoles, une exposition « Regards sur la lèpre » tourne en France, notamment à Strasbourg où Abéro l’anime avec entrain. À Paris, fin janvier, l’exposition s’est tenue dans la mairie du 15ème arrondissement. Réparties en quatre séquences, près de 40 de photographies donnent à voir le quotidien des patients accueillis dans les centres du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Tchad et de Madagascar, mais aussi leur vie dans leurs communautés, des portraits et le travail des équipes dans des zones parfois très enclavées.
Harold est un jeune visiteur de 18 ans : « j’ai vu ce qu’était la lèpre, cette photo d’une femme avec une plaie au pied à Madagascar m’a touché ». Depuis novembre dernier, l’exposition a fait le tour de six villes et poursuit son chemin.
Pour en savoir plus :
Exposition photo : Regards sur la lèpre
Exposition photo de la Fondation Raoul Follereau mise en lumière par France 3