Au nord-ouest de Madagascar, les villages de la rive sud du fleuve Betsiboka ont à nouveau été coupés du reste du monde, durant la saison cyclonique, et leurs centres de santé dévastés.

 

Madagascar est, avec le Mozambique, le pays d’Afrique le plus touché par les cyclones, à hauteur de deux par an, entre novembre et avril. Le 10 février dernier, le cyclone Gezani a dévasté la ville de Tamatave et causé plus de 59 décès ; dix jours plus tôt, le cyclone Fytia a frappé neuf régions dont celle de Boeny à l’ouest du pays. « Toutes les zones basses sont inondées, il y a quatre morts, les routes sont impraticables et seize centres de santé de base (CSB) sont endommagés » rapporte le Coordonnateur régional de la lutte contre la tuberculose et la lèpre, le Dr Andrialalasoamahafaly – dit Dr Lala. Parmi ces centres, quatre se trouvent dans le district sanitaire d’Ambato-Boeny, où la lèpre est très endémique.

 

« Il faut attendre que le niveau du fleuve diminue »

Fytia passé, il ne reste du CSB d’Ankirihitra que quelques murs, des pans de toiture et une porte branlante. Or ce centre est la seule structure de santé, dans un rayon de 75 km au sud du fleuve. C’est dans cette zone qu’en août dernier, en seulement deux jours, l’infirmier du centre a dépisté – à la suite d’une formation financée par la Fondation – 18 nouveaux cas de lèpre, dont 3 enfants. Sur la même rive, les CSB de Sitampiky et de Madirovalo déplorent aussi des dégâts matériels importants.
Ces destructions aggravent le manque d’accès des habitants aux soins : durant la saison cyclonique, la crue du fleuve empêche sa traversée en pirogue ou même en bac. « Nous devons attendre que le niveau du fleuve diminue pour rejoindre ces zones, il n’y a pas de pont, et les localités sont complètement enclavées durant 4 à 6 mois » confirme le Dr Lala. Les malades de la lèpre ne pouvant se rendre dans l’hôpital d’Ambato-Boeny, la formation des agents de santé locaux est essentielle pour la continuité et le suivi du traitement des cas de lèpre.

Le centre de santé d’Ankirihitra a presque entièrement été détruit par le cyclone.

[En couverture : le Dr Andrialalasoamahafaly, en visite dans le district d’Ambato-Boeny dont le Dr Lusta Rasoamanana est la responsable lèpre et médecin-chef de l’hôpital.]