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La crise économique et financière qui frappe de manière exponentielle le pays pourrait avoir raison du système scolaire. Un comité d’associations, auquel la Fondation Raoul Follereau est membre, s’est créé en juillet dernier afin de permettre aux écoles privées de survivre. Un enjeu de taille puisqu’elles scolarisent les deux tiers des élèves libanais.

 

Depuis la fin de l’année 2019, le Liban traverse une crise économique inédite et multifactorielle entrainant la dévaluation de la Livre libanais de 80 %, la perte d’emploi de 350 000 personnes et un appauvrissement galopant de la population. Environ 50 % des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, les écoles privées sont menacées de fermeture pour l’année 2020/2021. « Beaucoup de familles viennent dans mon bureau pour me demander de l’aide », explique Roger Khairallah, représentant de la Fondation Raoul Follereau au Moyen Orient et installé à Beyrouth. « Elles se retrouvent sans revenus et sont donc incapables de payer les frais de scolarité de leur enfant en plus des frais quotidiens comme le loyer, les courses, etc. »

 

Une nette augmentation des frais d’écolage

 

Le système scolaire libanais s’organise selon plusieurs types d’établissements : le public, le privé gratuit et le privé payant, dit semi-gratuit. Certaines écoles privées sont dites semi-gratuites : l’Etat paie une partie de la scolarité des enfants. Près de 60 % du corps professoral libanais est employé dans le secteur privé qui scolarise les deux tiers des élèves du Liban. Le naufrage économique de la classe moyenne a eu un impact direct sur le versement des frais de scolarité au cours de l’année 2019. « Le premier trimestre, certaines familles n’ont pu verser que 25 % de la somme, puis 5 % le second trimestre et rien le dernier trimestre. » Les écoles semi-gratuites sont également très endettées car l’Etat ne subventionne plus les écoles depuis 2014. De plus, depuis le vote de la loi 46 en 2017, les salaires des professeurs ont augmenté de 40 à 70 %. La pandémie de la Covid-19 a obligé les écoles à fermer leurs portes depuis mars 2020 et des cours en ligne ont été mis en place pour compenser alors que des familles sont mal équipées en moyens informatiques. Tous ces éléments conduisent de nombreuses écoles du privé vers l’endettement et potentiellement, leur fermeture. Or, les écoles publiques n’ont pas la capacité d’accueillir les élèves venant du privé en raison de la crise des réfugiés syriens. Parmi ces écoles privées, un tiers sont catholiques.

 

2/3 des élèves libanais sont scolarisés dans le privé. Crédits : Raphaël de Belleville

 

Les écoles chrétiennes sont très importantes pour la stabilité du Liban. De la stabilité du Liban dépend celle du Moyen Orient. En effet, les écoles chrétiennes accueillent des familles moyennes et pauvres, offrent un meilleur niveau scolaire que dans le public notamment en français et en sciences, préparent mieux à un avenir universitaire et transmettent une éducation patriotique et non confessionnelle, aux garçons et aux filles. Près de 23% des élèves des écoles catholiques ne sont pas chrétiens. « L’identité du Liban a été tracée sur les bancs des écoliers ! Si les établissements catholiques, à Dieu ne plaise, arrivent à disparaître, le Liban ne sera plus jamais le Liban que nous connaissons, le Liban que nous aimons », affirme Roger Khairallah.

Le 9 Juillet 2020, la Fondation Raoul Follereau crée avec l’œuvre d’Orient et l’IECD le Comité de Sauvegarde des Ecoles du Liban, en lien avec le secrétariat général de l‘Enseignement catholique en France. L’objectif du Comité est de se mobiliser pour sauver les écoles catholiques qui risquent de ne pas rouvrir à la rentrée prochaine.

Au sein du comité, plus de 65 écoles ont été identifiées dont une trentaine en danger imminent de fermeture. Sur ces écoles, la Fondation Raoul Follereau est déjà un partenaire d’une vingtaine d’écoles. Elle ambitionne d’aider 1 000 enfants par des bourses scolaires à raison de 220 € par enfant pour l’année 2020/2021. Ces bourses scolaires entrainent un cercle vertueux pour sécuriser les salaires des professeurs d’une trentaine d’écoles qui pourront rester ouvertes. Ces écoles pourront continuer d’accueillir 20 000 enfants. « Nous aidons également ces écoles par l’installation de nouvelles salles de classes, des laboratoires, des CDI, terrain de sport, développement des outils de gestion et logiciels informatiques locaux afin de permettre une meilleure comptabilité et visibilité économique pour le futur, tout en aidant au développement de la francophonie », explique Roger Khairallah.

Cette aide d’urgence du comité vient en complément d’initiatives publiques françaises qui ont été annoncées à un montant de 25 millions d’euros lors de la visite au Liban en juillet dernier du ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian.

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L’Etat libanais n’a pas versé de subvention aux école dites « semi-gratuites » depuis cinq ans. Crédits : Raphaël de Belleville