Première assistante sociale du PNLUB (Programme National de Lutte contre l’Ulcère de Buruli) de la Côte d’Ivoire.

Pionnière de l’accompagnement social

La révélation vient de ses stages en milieux hospitaliers : Je ne suis pas médecin, mais en tant qu’assistante sociale, j’ai compris que je pouvais faire quelque chose en amont : sensibiliser, informer et aider le patient à reprendre sa vie en main.En 2008, elle devient la 1ère assistante sociale du PNLUB. Le plus grand défi était de faire accepter aux soignants l’idée que l’accompagnement social avait sa place dans la prise en charge des MTNC (Maladies tropicales négligées à manifestation cutanée).”

Mission territoriale et reconstruction de l’estime de soi

Aujourd’hui, Sœur Tano sillonne tout le pays. “Je me charge de tout le territoire, je suis en charge d’une centaine de personnes de façon régulière. Il n’y a pas d’heure de repos : les malades peuvent appeler à 6h le matin, à minuit le soir. C’est une relation de confiance qui s’installe.” Au total, près de 2000 personnes sont touchées par ses sensibilisations.

Son travail ne consiste pas à agir à la place des patients, mais à les inciter à prendre leur avenir en main, à les remotiver. Sa tradition de Noël illustre cette philosophie bienveillante : Je passe dans chaque hôpital pour le fêter avec eux… ça me touche vraiment. Je crois à la guérison totale : physique, psychique et sociale.”

La force de l’accompagnement

Quand la vie te donne beaucoup de citrons, fais-en une limonade” : cette métaphore populaire qu’affectionne Sœur Tano résume parfaitement son approche.

Elle aide ainsi les patients à transformer leurs épreuves en force, à retrouver confiance en eux et à découvrir leurs propres ressources. Elle se souvient d’un enfant amputé qui lui disait :
Moi qui n’ai pas mes deux pieds, ce que je peux faire aujourd’hui, un autre qui a ses deux pieds ne peut pas le faire.” Il est devenu un modèle dans sa communauté.

Avec les familles, elle commence toujours par informer : Souvent elles ont peur à cause de croyances. Une fois qu’elles comprennent qu’il s’agit de maladies guérissables, leur soutien devient un levier formidable.Les résultats de cette approche centrée sur l’estime de soi parlent d’eux-mêmes :

Des personnes qui disaient vouloir mourir retrouvent le sourire, reprennent goût à la vie, veulent travailler, s’impliquent dans la société.”

Son combat porte ses fruits :

En 2008, mon rôle était peu reconnu. Aujourd’hui, tous les acteurs reconnaissent l’importance du suivi social. J’ai bon espoir.

 

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