Au Bénin, le Dr Odry Agbessi est la première et l’unique médecin spécialisée en chirurgie plastique reconstructive.

 

« Nous mettre à la place des patients, ça nous motive, ça nous oblige à donner le meilleur de nous-mêmes. » L’empathie est une valeur essentielle aux yeux du Dr Odry Agbessi qu’elle recommande aux jeunes soignants de développer. Empathique, la chirurgienne semble l’avoir été dès son plus jeune âge : « ma vocation est née à 12 ans, quand j’ai vu, à la télévision, le témoignage d’une femme au visage déformé par l’acide que lui avait jeté son mari, un appel à dons était fait pour l’envoyer en Europe se faire opérer ». La jeune fille décide alors qu’elle deviendra chirurgienne, pour son pays.

Après avoir étudié et exercé comme médecin généraliste au Bénin, elle a poursuivi son parcours, de son propre chef, à la faculté de Rabat (Maroc), pour se former à la chirurgie plastique. « J’ai eu des épreuves, le décès de mon père, les difficultés rencontrées en tant que femme, mais mon socle c’est ma spiritualité qui me rend résiliente : quand le but ultime c’est de rendre service, on y arrive toujours. »

Mettre la chirurgie au service du développement

Rentrée au Bénin en 2016, elle est la première chirurgienne spécialisée en plastique reconstructive. À une époque où cette discipline est peu considérée et associée à la seule chirurgie esthétique, le Dr Odry Agbessi la défend et explique qu’elle contribue au développement : « La chirurgie plastique permet à l’individu de reconstruire sa vie, et ainsi d’avoir l’opportunité de participer activement à la vie économique et sociale de sa communauté, et de là, au développement de son pays. »

Elle-même est engagée bénévolement dans plusieurs associations. Avec la Fondation Roaul Follereau, ses liens se sont tissés lors de son doctorat : « j’ai consacré ma thèse à la prise en charge des séquelles de l’ulcère de Buruli, très handicapantes, qui sont devenues ma spécialité, c’est ainsi que j’ai rencontré la Fondation ». Le parcours de cette femme remarquable, aussi humble que déterminée, ainsi qu’en témoignent ses pairs, traduit un réel souci des autres :

« Toute ma satisfaction chaque fois que j’opère, c’est de voir dans ses yeux, dans les yeux de sa famille, cet espoir, cette renaissance. »