Le projet PPEP4LEP, mené depuis juin 2024 au Bénin et en Côte d’Ivoire, vise à rompre la transmission de la lèpre et à rendre accessible l’expertise de dermatologues. 

Habitants de lieux reculés dans la brousse subsaharienne, les malades de la lèpre peuvent errer avant de recevoir un diagnostic sûr. « En Afrique, les spécialistes ne sont pas dans les périphéries mais dans les villes », explique le Dr A. Bakayoko, dermatologue de l’hôpital de Zouan-Hounien. Ce dernier coordonne, en Côte d’Ivoire, le projet d’étude PPEP4LEP qui vise à rompre la chaîne de transmission de la lèpre par le traitement préventif des cas contacts et la formation des agents de santé. Un des moyens utilisés dans le cadre du projet est la télédermatologie.

Bogou, une plateforme d’entraide

La plateforme de télédermatologie Bogou (« entraide » en bambara) a été développée avec succès au Mali. Les acteurs du projet PPEP4LEP l’utilisent pour mettre en relation les agents de santé qui réalisent des dépistages dans les villages et les dermatologues installés en ville. Au Bénin, trois de ces experts se relaient depuis les centres d’Allada, de Lalo et de Pobè, pour répondre aux questions posées par les agents de terrain sur la plateforme.

Coordonnateur du projet dans le pays, le Dr Jean-Gabin Houezo salue l’avancée : « la télédermatologie peut aider beaucoup de malades éloignés des villes à recevoir un diagnostic de qualité et à moindre coût ». Alors que l’insécurité grandit à la frontière nord du pays, notamment dans l’Atakora, un des districts où la lèpre est endémique, les soignants espèrent un déploiement de la plateforme.

Le projet est financé par la fondation ANESVAD et la Fondation Raoul Follereau.