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Le docteur Habib est dermatologue au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) « Madeleine et Raoul Follereau », à Pobè au Bénin.

 

La dermatologie n’est pas la spécialité la plus populaire au Bénin. Pourtant, l’ulcère de Buruli, une maladie tropicales négligée à manifestation dermatologique, sévit toujours dans cette région de manière endémique. En 2018, 219 nouveaux cas d’ulcère de Buruli ont été dépistés au Bénin. « D’une manière générale, les gens ne considèrent pas l’ulcère de Buruli comme un problème de santé publique. De mon côté, j’ai vraiment découvert cette maladie à mon arrivée à Pobè. » Le docteur Akimath est une des quinze dermatologues du pays.

>>> Lire aussi : Les recherches sur l’ulcère de Buruli progressent

Depuis quatre ans, elle travaille au CDTLUB de Pobè, un centre qui assure une prise en charge multidisciplinaire des patients affectés par les malades tropicales négligées. « J’ai choisi la dermatologie assez naturellement », explique la jeune femme, « la peau est un organe complexe. J’irai même plus loin : la peau est le reflet de l’homme. Une petite manifestation cutanée peut révéler beaucoup de choses : maladies, stress… » Le docteur Akimath participe aux campagnes de dépistage dans la brousse mais aussi aux consultations foraines. « En plus de mon travail au CDTLUB, je sillonne les villages avec les équipes. La plupart des malades sont des pêcheurs ou des cultivateurs. Leur niveau scolaire n’est pas élevé. » Ce manque d’éducation a des conséquences directes sur le travail du médecin.

 

Un impact social important

 

Les ulcères se développent principalement sur les articulations. Crédit : Osanne Darantière

« Quel que soit le cas, je donne tout pour aider mes patients », souligne la jeune femme d’une voix assurée, « ce qui me touche le plus, c’est de voir les enfants atteint par cette maladie… » Le docteur Akimath prend un autre facteur en compte dans sa prise en charge : les parents. « Lors de mes tournées, je dois les convaincre d’hospitaliser leurs enfants en soulignant le fait que c’est une maladie qui se guérit. Sans cela, ils auront des handicaps terribles. C’est difficile de responsabiliser les parents sur ce point. Je fais souvent du cas par cas. » Le docteur Akimath vient de finir un stage de six mois à l’hôpital d’Angers. Ases yeux, il est primordial de continuer à se former pour sauver plus de vies.