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Une équipe de chercheurs à Angers, soutenue par la Fondation Raoul Follereau, a récemment fait des découvertes importantes dans la lutte contre l’ulcère de Buruli.

 

L’ulcère de Buruli est une maladie tropicale négligée dont le mode de transmission à l’homme est encore inconnu. Cette maladie affecte la peau et provoque de graves ulcères pouvant atteindre les articulations. Les séquelles sont irréversibles et handicapent lourdement les malades. Un constant d’autant plus tragique que la maladie touche beaucoup d’enfants de moins de 15 ans.

La Fondation Raoul Follereau est engagée depuis les années 90 dans la lutte contre l’ulcère de Buruli en Afrique de l’Ouest. Elle soutient la recherche sur la lèpre et l’ulcère de Buruli par le biais de plusieurs équipes de chercheurs dédiées : l’équipe de l’Inserm d’Angers des docteurs  Laurent Marsollier et Estelle Marion pour un projet de recherche sur la physiopathologie de la maladie et le projet « GéAnt » étudiant les facteurs géographiques et anthropiques sur l’ulcère de Buruli au Bénin avec l’aide de l’Université d’Abomey-Calavi  ;  l’équipe de recherche de l’Institut Pasteur de Paris du Docteur Caroline Demangel ; l’équipe du laboratoire de la Pitié-Salpêtrière à Paris du Professeur Vincent Jarlier qui teste des molécules sur l’Ulcère de Buruli et sur la lèpre sur des souris.

Lire aussi : L’épopée scientifique de l’ulcère de Buruli

Le 6 mars 2020, le docteur Estelle Marion, chercheur à l’Inserm au centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (site Angers) a annoncé dans un communiqué de presse avoir découvert des pistes sérieuses pour un nouvel outil de diagnostic. Ces avancées ont pu être réalisées grâce à l’observation et l’étude de cicatrisation spontanée d’ulcères sur certains patients.

Dans ce communiqué de presse, elle affirme : « Jusqu’ici les études sur l’ulcère de Buruli se concentraient sur la réponse immunitaire au niveau de tout l’organisme. Néanmoins, de récentes études sur les tissus cutanés ont révélé que l’infection par Mycobacterium ulcerans entraîne l’agrégation de cellules immunitaires, les lymphocytes B, autour des zones infectées. Dans ce contexte, les chercheurs ont ici décidé de se pencher sur la réponse immunitaire locale, au niveau du site infecté par la bactérie. »

L’ulcère de Buruli est le résultat d’une infection par la bactérie Mycobacterium ulcerans. Cette bactérie produit une toxine à l’origine de la nécrose de la peau et donc de la formation d’un ulcère. Elle bloque également la réponse immunitaire. La découverte d’anticorps spécifiques à cette toxine est une belle avancée vers l’élaboration d’un outil de diagnostic permettant de dépister la maladie rapidement.

Ces résultats ont été publiés dans Science Advances et ont permis le dépôt d »un brevet. La Fondation Raoul Follereau a co-financé ces recherches avec l’ANR, la région Pays de la Loire, l’Université d’Angers et l’Inserm.