En avril dernier, des spécialistes de la lèpre ont réalisé une vaste tournée de formation et sensibilisation dans le nord de la Nouvelle-Calédonie.
Quatre jours, sept structures de santé à visiter, 1000 km à parcourir et 8h de navigation. La semaine s’annonçait dense pour l’équipe réunie, le 13 avril dernier, à Nouméa : Vanessa Top de la DASS-NC (*), la dermatologue Marie Jachiet de l’hôpital Saint Louis à Paris, le pédiatre Gaël Guyon du CHT (**) de Nouméa et le Dr Bertrand Cauchoix de la Fondation Raoul Follereau. Ensemble ils ont réalisé une mission en province Nord, et notamment sur l’île de Belep, où la lèpre reste présente.
Renforcer les compétences des soignants
« Il y a une équipe de neurologues et d’infectiologues solide et impliquée à Nouméa, mais le territoire est grand » constate Marie Jachiet « et les patients dépistés dans le nord ne peuvent tous se rendre au CHT pour le suivi. » Or la rotation fréquente des personnels de santé en province affecte le maintien de compétences nécessaires pour traiter des maladies rares comme la lèpre – la Nouvelle-Calédonie déclare une dizaine de nouveaux cas de lèpre par an. « Moins il y a de cas, plus les compétences se perdent » alerte le Dr Cauchoix. Les formations et ateliers pratiques animés par les experts ont ainsi été appréciés des 48 soignants rencontrés en avril, de même que les temps de sensibilisation auprès des élus et sur les places publiques.
De retour de sa première mission dans l’archipel, marquée par l’accueil reçu et la richesse des rencontres, la dermatologue est confiante : « le défi est grand, il y a encore des années de travail, mais en couplant l’antibioprophylaxie [un traitement préventif] et les dépistages, la lèpre peut être éliminée en Nouvelle-Calédonie ! »
(*) Direction des affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-Calédonie
(**) Centre hospitalier territorial Gaston-Bourret
