5 questions à Claire Sot, Responsable du bénévolat à la Fondation Raoul Follereau
En France, près d’un habitant sur quatre* est bénévole dans une association. Derrière ce chiffre se cachent des motivations variées : agir pour une cause, rencontrer d’autres personnes, transmettre ses compétences ou simplement se rendre utile. Comment devenir bénévole et trouver un engagement qui correspond à ses envies ? Interview de Claire Sot.
*Etude IFOP 2026, « La France bénévole 2026«

Sommaire de l’interview :
Pourquoi devenir bénévole ?
Comment devenir bénévole ?
Qui peut devenir bénévole ?
Comment se déroule l’intégration d’un bénévole ?
Qu’est-ce qui motive aujourd’hui les personnes, jeunes ou moins jeunes, à devenir bénévole dans une association ?
D’expérience, je dirais que les motivations sont aussi nombreuses que les bénévoles eux-mêmes. Certaines personnes souhaitent agir concrètement pour une cause qui leur tient à cœur, d’autres veulent donner davantage de sens à leur temps libre, rencontrer de nouvelles personnes ou vivre une expérience humaine enrichissante. Beaucoup ont simplement envie d’être utiles et de contribuer, à leur échelle, à un projet d’intérêt général.
Devenir bénévole dans une association permet aussi de développer de nouvelles compétences, de partager son expérience ou de découvrir des domaines que l’on ne connaissait pas. Chacun peut apporter quelque chose : du temps, des idées, un savoir-faire ou simplement son enthousiasme. Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour s’engager.
Aujourd’hui, le bénévolat et ses formes d’engagement évolue. Il est possible de s’investir régulièrement ou ponctuellement, sur le terrain ou lors d’événements spécifiques. Cette diversité permet à chacun de trouver une forme de mobilisation adaptée à son rythme de vie.
Dans notre fondation, nous retrouvons cette même diversité de profils. Certains bénévoles aiment aller à la rencontre du public pour sensibiliser à la lutte contre la lèpre dans les écoles, les paroisses ou lors de forums et de rassemblements de jeunes. D’autres préfèrent organiser des actions solidaires comme des quêtes, des ventes ou des vide-greniers afin de soutenir nos programmes sur le terrain. Chacun trouve sa manière de contribuer, avec ses talents, selon son âge et le temps dont il dispose.
Comment devenir bénévole dans une association ou fondation lorsqu’on ne sait pas par où commencer ?
Oser ! La première étape est de choisir une cause qui vous tient vraiment à cœur. Le bénévolat est un engagement libre : il est plus facile de s’investir dans la durée lorsqu’on se reconnaît dans les valeurs et la mission de l’association. Avant de se lancer, je conseille donc de prendre le temps de découvrir plusieurs structures, de consulter leur site internet, de s’informer sur leurs actions et de se demander où l’on aura le sentiment d’être le plus utile.
Ensuite, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec l’association. Pour notre Fondation, c’est très facile, vous trouverez nos coordonnées sur notre site web. Beaucoup de personnes pensent, à tort, qu’il faut avoir des compétences particulières ou être disponible plusieurs jours par semaine. En réalité, la plupart des associations recherchent avant tout des personnes motivées. Un premier échange permet généralement de faire connaissance, de comprendre les attentes de chacun et de voir quelles missions peuvent correspondre à ses envies, à ses disponibilités et à son expérience.
Je conseille également de commencer simplement. Participer à un premier événement, donner un coup de main lors d’une action ponctuelle ou assister à une réunion de présentation permet souvent de découvrir le fonctionnement de l’association et de vérifier que l’on s’y sent bien. Chez nous, par exemple, ça peut être tout simplement d’accueillir les visiteurs d’une expo photo une matinée. Le bénévolat est avant tout une rencontre entre une personne, une équipe et une cause.
Enfin, il ne faut pas avoir peur de franchir le pas. Les associations ont l’habitude d’accueillir de nouveaux bénévoles et savent les accompagner dans leurs premiers engagements. L’important n’est pas de tout savoir dès le départ, mais d’avoir l’envie de contribuer. On apprend progressivement, au contact des autres bénévoles, des salariés et des personnes engagées depuis plus longtemps.
Faut-il avoir des compétences particulières ou tout le monde peut-il devenir bénévole dans une association ?
Non, bien-sûr ! il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences particulières pour devenir bénévole dans une association. La première qualité que nous recherchons, c’est l’envie de s’engager. Chacun peut apporter quelque chose, qu’il s’agisse de son temps, de son expérience ou simplement de son enthousiasme. Cependant, à la Fondation, il arrive que nous recherchions des compétences bien particulières pour un projet en particulier.
Selon les missions, certaines qualités peuvent être utiles, comme être à l’aise pour parler en public, organiser un événement ou communiquer avec différents publics. Mais ces compétences ne sont pas indispensables pour commencer. Elles s’acquièrent souvent au fil de l’engagement, avec l’expérience et grâce à l’accompagnement de l’association.
Dans notre fondation, chacun peut trouver une mission qui lui correspond. Certains bénévoles prennent des responsabilités, d’autres préfèrent s’engager de manière plus ponctuelle mais régulière, lors de la Journée Mondiale des Malades de la Lèpre par exemple. D’autres en revanche oeuvrent dans l’ombre en confectionnant des objets à vendre. Nous avons aussi des bénévoles qui viennent nous challenger sur des actions à mettre en place ; ils ont des idées, un projet et nous les accueillons avec joie.
Le bénévolat n’est pas une question de diplôme ou d’expérience, mais de motivation. Avec un peu de bonne volonté et l’envie d’agir, chacun peut avoir un impact.
Comment accompagnez-vous les nouveaux bénévoles pour qu’ils trouvent une mission qui leur corresponde ?
Lorsque quelqu’un frappe à notre porte pour devenir bénévole, nous prenons avant tout le temps de faire connaissance et d’écouter ses motivations. Il est essentiel de nous assurer que ses attentes correspondent à ce que nous pouvons lui proposer. Ce premier échange, qui peut avoir lieu avec le Responsable Régional ou le Délégué Départemental, est aussi l’occasion de laisser à chacun le temps de réfléchir avant de s’engager.
Nous remettons également de la documentation afin que les futurs bénévoles puissent mieux comprendre la mission de la Fondation et vérifier qu’elle est en accord avec leurs aspirations et leurs valeurs.
Aussi, pour leur permettre de découvrir concrètement la vie de l’association, nous les invitons à participer à différents temps de rencontre : une rencontre régionale, une réunion d’équipe ou encore les visioconférences mensuelles du bénévolat. Nous pouvons aussi leur proposer d’échanger avec une bénévole ou un bénévole déjà engagé afin de bénéficier de son retour d’expérience.
Enfin, l’accompagnement ne s’arrête pas une fois l’engagement pris. Nous accordons une grande importance aux échanges réguliers avec chaque bénévole. Ils permettent de faire le point, de répondre aux éventuelles questions et de nous assurer que chacun se sent toujours bien dans sa mission.
Quel conseil donneriez-vous à une personne qui hésite encore à devenir bénévole dans une association ?
Je dirais qu’il ne faut pas hésiter à franchir le pas. Le bénévolat permet de faire des rencontres formidables et de contribuer, à sa place, à rendre le monde un peu meilleur.
C’est aussi une belle occasion d’acquérir de nouvelles compétences, de s’épanouir autrement qu’à travers son activité professionnelle ou familiale, et parfois même de se découvrir des talents insoupçonnés.
Au fond, nous sommes des passeurs. Nous donnons de notre temps, de notre énergie et de nos compétences pour transmettre, créer du lien et faire avancer une cause qui nous tient à cœur.


