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[Dernière mise à jour : 11/02/2020]

 

Depuis plusieurs semaines, le Liban est le théâtre d’un important mouvement populaire. Roger Khaïrallah, représentant de la Fondation Raoul Follereau au Moyen-Orient, décrypte l’actualité depuis Beyrouth.

 

Mardi 11 février 2020

Vote de confiance du Gouvernement libanais

 

Des jeunes manifestants non loin du Parlement. Crédits : Roger Khairallah

A cette date du 11 février 2020, après plus de trois mois du début de la révolution, la situation ne cesse de régresser ! Aujourd’hui et demain mercredi, les députés sont convoqués au Parlement pour deux jours de débats afin de faire le « vote de confiance ». Le gouvernement verra le jour sous les bombes lacrymogènes et derrière les blocs de béton. Le “Conseil de la défense” a dû se réunir afin d’exécuter un plan pour assurer l’arrivée des députés au Parlement pour assurer un vote positif du gouvernement. Un véritable no-mans land a dû être crée dans le centre-ville, une première aussi !

Certains manifestants, dont de nombreuses femmes, se sont assis à même le sol pour tenter de bloquer la rue, et les militaires les repoussaient par la force.

Du côté de l’immeuble d’Al Nahar, l’armée lançait des gaz lacrymogènes et des jets d’eau pour tenter de dissuader les quelques manifestants qui tentaient de franchir les blocs de béton. Une pluie de bombes a arrosé une population avide d’une patrie, d’un état de droit, et bien sûr le droit de vivre en prospérité.

Dix-huit personnes blessées lors des manifestations dans le centre-ville de Beyrouth ont été transportées à l’hôpital et 140 autres ont été soignées sur place, a indiqué la Croix-Rouge Libanaise sur son compte twitter vers midi.

Mais tout cela n’a pas suffi pour bloquer les députés et donc le quorum a été atteint à 11h45.

Les forces de l’ordre on tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants place des martyres. Crédits : Roger Khairallah

Un gouvernement soutenu ouvertement par le Hezbollah, refusé totalement par les manifestants qui revendiquent un gouvernement de spécialistes, capables de redresser la barre et faire sortir le pays de la crise aigüe sinon du déficit.

Pendant ce temps, et tout en forçant ce gouvernement de « non entente nationale », la situation économique bat ses records :

  • Les prix des denrées alimentaires, des médicaments, et autres, flambent avec l’ascension du dollar.
  • Depuis la fin de l’été, la Banque du Liban (BDL) a réduit la circulation du Dollar dans l’économie, faisant augmenter son prix chez les changeurs où il s’échange à plus de 2 300 livres, alors qu’aux guichets des banques il est à 1510 LL. De plus, les restrictions bancaires mises en place progressivement ont également contribué à la baisse du pouvoir d’achat des Libanais, ce qui a poussé les entreprises à réduire leurs coûts, notamment ceux liés à la masse salariale.
  • Les licenciements des salariés continuent (près de 220,000 emplois depuis octobre 2019, 60,000 depuis décembre – estimation Infopro), et aucune revendication à voix haute.

Ce que les révolutionnaires craignent le plus aujourd’hui, c’est que nous sommes en train de basculer vers une forme d’autocratie. Ce régime présidentiel et gouvernemental, qui restera dans l’histoire comme un des plus sinistres que nous ayons eu, ne trouve qu’en lui-même une certaine légitimité, qui reste sourd et aveugle face à des revendications pourtant légitimes. Un régime qui conduit à la longue au changement de l’identité de pays. La seule volte-face à ce mouvement est de se barricader derrière les murs de la honte et essayer avec une simple majorité des participants d’obtenir une « confiance ». Une confiance à laquelle une grande portion de la population dit : ‘NON’ !

Achrafieh – Beyrouth 11 février 2020

Roger Khaïrallah

Lundi 2 décembre 2019

Une oasis au cœur de Beyrouth

Le Centre de Jeunesse Catholique (CJC) situé dans le bâtiment de l’église Saint Joseph des Pères Jésuites, à Achrafieh, s’est transformé depuis le début de la révolution libanaise, le 15 novembre dernier, en une cellule de crise. Le CJC habrite également les bureaux de la Fondation Raoul Follereau. Le personnel de la Fondation est aux contés du CJC afin d’aider la population qui s’appauvrit à vue d’œil.

La Banque alimentaire au CJC.

 

La pays est plongé dans une crise politique depuis la fin de la guerre civile, il y a trente ans. Cette crise a conduit le Liban vers une faillite généralisée. Les banques, dernière ligne de défense du pays, s’écroulent à vitesse vertigineuse provocant le total désarroi de la population.

 

 

 

Nous constatons les mêmes scènes d’antan et qui ont conduit vers la guerre civile :

  • Longues fils d’attentes devant les banques
  • Longues fils d’attentes devant les pompes d’essence
  • Les étalages des supermarchés se vident avec la crainte de voir les denrées disparaitre
  • Des vols en plein jour et des personnes qui se suicident avec la perte de leur emploi (déjà trois suicides en deux semaines)
  • Un chaos total dans les écoles avec des salaires à moitiés payés et des écoles qui risquent de fermer dans trois mois au plus tard.

Le CJC et la Fondation Raoul Follereau distribuent des repas.

Entre-temps, un élan de solidarité se forme, en prévention du prolongement de la situation. Un des centres les plus actifs, le CJC des Pères Jésuites, où des mamans, des jeunes, des associations se regroupent pour aider.

Trois missions sont déjà bien lancées :

  • Déjeuners des personnes âgées  : un repas chaud est distribué trois fois par semaine pour une centaine de personnes
  • La rénovation du dispensaire du CJC avec une équipe de médecins bénévoles de l’Hôpital Hôtel Dieu de France
  • La distribution de portions alimentaires, d’habits chauds et de produits d’hygiènes aux familles.

La Fondation Raoul Follereau se joint à eux. Les premières denrées alimentaires partent vers Tyr, Bourj Hammoud et le Nord du pays et le dispensaire accueille déjà quelques patients.

Cette voiture part en direction de Tyr avec de la nourriture pour les pauvres.

 

 

Mercredi 27 novembre 2019

Les conséquences de la crise au Liban sur la population syrienne

J’ai reçu ce matin la visite de Père Issa Abdo, curé Maronite de la paroisse de Mesherfe en Syrie. Le père Issa est un partenaire de la Fondation Raoul Follereau qui soutien son action en faveur de la scolarisation des enfants. En 2019, la Fondation a financé l’achat d’un bus scolaire. Actuellement, elle participe au fonctionnement de la garderie du village de Mesherfe.

Le bus scolaire financé par la Fondation Raoul Follereau en 2019.

Dans sa description de la situation actuelle en Syrie, le Père a confirmé les rumeurs qui circulent au Liban. La situation économique est devenue très difficile. Depuis 2011, l’embargo sur la Syrie ne permet aucun transfert des fonds vers le pays. Dès lors, le Liban est devenu le poumon économique par lequel respirait la Syrie. Ces transferts finançaient l’État, l’Église, le peuple et la guerre. En raison de la crise au Liban, l’argent, les denrées alimentaires, les aides… n’atteignent plus la Syrie depuis le Liban. Le taux de change du Dollar flambe, aussi bien en Syrie qu’au Liban. Les deux pays s’enfoncent dans une profonde crise.

Cette situation est très inquiétante. Le peuple syrien vit depuis des années sur les aides sociales, dans un pays toujours en guerre. Alep est bombardée tous les jours. Le Nord de la Syrie est toujours attaqué et envahie par l’armée turques.

Monseigneur Samir Nassar, archevêque maronite de Damas,
se joint au père Issa dans un message à la fois dur et plein d’espoir :

Les banques au Liban prêtent l’argent à l‘État libanais depuis 29 ans… Cet État en faillite n’a pas pu rembourser. En conséquence, les particuliers n’ont plus accès à leurs comptes et n’ont droit qu’à 600 $ par semaine. Cette règle s’applique aussi sur les nombreux Syriens particuliers et établissements qui ont placé leur argent dans les banques libanaises pour échapper aux mesures de blocus imposées à la Syrie depuis neuf ans. Dans mon diocèse, 13 salariés et 600 familles se retrouvent sans ressource. Un nouveau problème qui complique la vie de toute la population. Cette crise financière est l’une des conséquences du bras de fer Irano-Américain qui ébranle tous les pays du Proche Orient et diminue les chances de trouver une issue à la crise. Ainsi, le taux de la monnaie locale chute en toute vitesse face au prix du dollar qui s’envole. Toutes les importations de premières nécessités doivent être payées en devises étrangère. Cette nouvelle situation a poussé les citoyens à renouer avec un mode de vie d’austérité et de solidarité : partir au travail à plusieurs dans chaque voiture, utiliser les transports publics, etc. La société de consommation perd son attrait, Les grandes surfaces sont presque vides, la vie familiale retrouve sa chaleur, la Foi, son dynamisme et la solidarité, sa première place. Peut-on parler d’une crise économique salvatrice ?  En tout cas une nouvelle société à visage humain renait à la veille de Noël.

 

 

Vendredi 8 novembre 2019

Une profonde et durable crise économique frappe le Liban

Depuis le 17 octobre, le Liban connaît une contestation populaire de sa classe dirigeante jugée corrompue et incompétente, sur fond de grave crise économique. Le mouvement, qui a mobilisé des centaines de milliers de Libanais toutes communautés confondues, a entraîné la démission le 29 octobre du Premier ministre Saad Hariri, mais la formation d’un nouveau gouvernement se fait attendre.

Le Liban est classé 138ème sur 180 en matière de corruption par l’ONG Transparency.

Mercredi, la Banque mondiale a estimé que « l’étape la plus urgente » pour le Liban était « la formation rapide d’un gouvernement correspondant aux attentes de tous les Libanais ». En cas d’impasse persistante, la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté et le chômage « augmenter fortement », a averti la Banque Mondiale, à l’issue d’une rencontre d’une délégation avec le président libanais Michel Aoun. Selon elle, environ un tiers des Libanais vit déjà sous le seuil de pauvreté.

Les faits au quotidien :

  • Les banques continuent de fonctionner, où un client peut tirer, aujourd’hui, un maximum de 500 € par jour, et pour cela il faut attendre plus de 2 heures. Pas de limite pour les Livres Libanaises (LL), mais vu que 1$=1700 LL le pouvoir d’achat diminue. J’ai bien dis « aujourd’hui » car mardi on sait pas quelle somme pourrons-nous tirer. La crainte c’est de subir le schéma Grec d’il y a 2 ans, où les gens n’avaient plus accès à leur argent en banque. Nous ne sommes pas là encore !
  • Un fort licenciement des employés dans presque tous les secteurs du travail, dû à la fermeture partielle ou totale des Établissements, sociétés ou autres…
  • Les achats des denrées alimentaires, des boites de conserves et toute autre marchandise se font part l’import en monnaies étrangères, Dollars, Euros et autres. Avec la hausse du prix de change et la difficulté de ces monnaies, les fournisseurs ne peuvent plus donner des facilités aux magasins de quartiers ou petits établissements. Leurs étalages se vident et n’ont plus de quoi payer les loyers relativement en hausse.
  • Les professions libérales surtout dans la construction sont à l’arrêt total : ils ont déjà remercié leurs employés, ingénieurs etc.

Je peux énumérer ainsi tous les secteurs de travail, sans oublier les longues files d’attente pour faire le plein d’essence, encore à cause de la contre-valeur du dollar.

L’Eglise locale, les organismes et ONG opérant au Liban font des réunions quotidiennes pour contrer une crainte d’hier qui devient fatalité : voir le pays en faillite et toucher du doigt un appauvrissement en masse qui se ressent déjà !

Une panique au quotidien qui va pousser les gens à n’importe quoi pour garder le minimum requis dans leurs familles.

  • Pour la première fois depuis 1990 le tribunal libanais a accepté un procès contre les premiers ministres qui ont été au pouvoir successivement depuis 30 ans,
  • Pour la première fois depuis 1943, les universitaires et les écoliers de tout le territoire libanais sont dans les rues au quotidien, demandant : un meilleur avenir par le marché du travail et revendiquent leur droit de rester vivre au pays et non pas fuir la situation économique,
  • Pour la première fois on entend dans tous les médias les histoires absurdes de la corruption de la classe politique encore en fonction.

Beaucoup de ‘premières fois’ car le pays est réellement au bord d’une catastrophe imminente. Surtout ne pas l’OBSERVER de loin en train de sombrer ! Le pays du Cèdre a aujourd’hui besoin de tout l’amour international dont il est doté, afin de le stabiliser pour qu’il puisse se relever !

 

Lundi 28 octobre 2019

Est-ce la renaissance d’un pays ?

Comme le phœnix, le pays du cèdre peut renaître de ses cendres. La date du 17 octobre 2019 est apparemment la date de l’enterrement de la guerre civile au Liban. La révolution sur le terrain n’est pas un incident de parcours dans l’histoire du Liban.
La révolution a cassé une barrière qui a longuement joué à pérenniser les effets d’une guerre importée dans le pays : la peur. Cette peur, que les politiciens ont enracinée dans les cœurs durant les trente années d’après-guerre, a été ébranlée.
Pour la première fois, j’ai pu entendre, des chiites, des sunnites, des druzes et des chrétiens, allant de Tripoli à Tyr, de Beyrouth à  Baalbek, parler un seul langage pour dire non au confessionnalisme !
J’ai vu des jeunes, qui se méprisaient depuis leur naissance, laisser derrière eux leurs partis politiques et oser parler de l’amour qui les réunit.

La 3ème République en marche ?

Une semaine avant, le Liban avait un tout autre visage. Celui d’un pays au seuil d’un déficit spectaculaire. Un pays sous contrôle d’un parti confessionnel par la force. Un pays en quête d’identité. Selon la presse, 2 000 000 de personnes dans les rues depuis 12 jours ont cassé toutes les barrières de la peur. Ils ont cassé un langage confessionnel et avec, l’autorité des partis politiques. Que le gouvernement démissionne demain ou non, que les politiciens soient jugés ou non, les jeunes du Liban ont devancé les politiciens et ont créé un courant que la force ne semble pas pouvoir arrêter. Une révolution qui se déroule en paix, sans recours à la force ni la violence est une révolution qui va porter le Liban vers un nouvel avenir.

Mais les enjeux restent considérables.

Les dirigeants en fonction ne sont peut-être pas tous corrompus. Ils ne vont pas céder facilement surtout que leur défaite entrainerait de grosses difficultés pour le Hezbollah, le parti ciblé par ce mouvement. En effet, après sa victoire en Syrie, le Hezbollah a la main mise sur le Liban.

Voici un scenario envisageable si la révolution n’aboutit pas dans les jours à venir :

  • Avec les banques fermées, nous savons que le taux de change du Dollars dépassera le seuil de 3,000 LL (Livre Libanaise), entrainant encore plus l’appauvrissement des petits épargnants qui gardent leur argent en monnaie nationale.
  • Il est déjà impossible de retirer son argent en US dollars et les distributeurs n’ont que de la Livre libanaise en raison d’une fuite de 2 600 000 000 US dollars et autres opérations de spéculations, qui y incluent des pays de la zone (Turquie, Syrie …) avant le début du soulèvement populaire
  • Le gouvernement va difficilement démissionner, car il paie aussi bien le prix de ses décisions, que le cumul de 30 années de corruption où même les aides internationales ont disparu. Ainsi, le gouvernement est en quête d’une sortie de secours. Le Premier ministre Hariri cherche à mettre en place un gouvernement de remplacement composé de technocrates. Or, le Hezbollah souhaite un gouvernement techno-politique. Un bras de fer qui s’éternise.
  • Dans le cas où toutes les tentatives de réponse au mouvement populaire échouent et que le crackdown financier a lieu, voilà ce qui nous attend :
    • Le Hezbollah a son autosuffisance et une mainmise sur l’aéroport ainsi que la route de Damas. Il va pouvoir sécuriser ses régions du fait de son armée et son attachement à l’Iran et laisserait les autres régions tomber dans le chaos
    • Le chaos va atteindre en premier lieu les régions chrétiennes, toujours convoitées par tous…

Pour que ce pays ne sombre pas dans le chaos, la communauté internationale devra garder la décision prise de ne pas revoir des opérations de guerre, mais en même temps anticiper la grave crise économique qui accable le Liban. Une autre facette de la guerre, beaucoup plus dévastatrice.

 

Jeudi 24 octobre 2019

Un mouvement populaire historique et plein d’espoir

Les rues de Beyrouth ne se désemplissent pas.

Depuis 8 jours, le Liban est paralysé par un énorme mouvement populaire. Plus de 1 200 000 personnes sont descendues dans les rues, toutes confessions confondues, revendiquant la démission d’un gouvernement dit « d’entente nationale ».  Depuis la fin de la guerre, il y a déjà 30 ans, le gouvernement poursuit dans des politiques qui ont conduit à l’appauvrissement de tout un peuple.

Pour la première fois, le mouvement populaire au sein du Liban s’accompagne de démonstration dans le monde entier : en France, États Unis, Australie, Allemagne… Partout dans le monde, avec la grande diaspora, les Libanais se révoltent ! Il s’agit d’un soulèvement contre des politiciens corrompus, conscients -ou pas- du mal qu’ils font subir par leurs décisions.

Dans les faits : une poignée de politiciens a jusqu’à ce jour amassé des fortunes ! Ces milliards de dollars détournés dans des banques étrangères ont conduit à l’aggravation de plus de 100 milliards de dollars de la dette nationale.  En écoutant les gens dans la rue, on réalise qu’ils ont une parole simple, spontanée, qui en dit long sur la précarité de leur vie :

  • Augmentation du coût de la vie,
  • Corruption flagrante dans tous les ministères,
  • Ignorance de l’intérêt publique,
  • Accroissement du chômage et baisse spectaculaire des salaires.

 

Avec le départ réclamé de ce gouvernement, les gens dans la rue aspirent à un gouvernement de techniciens, ou issus du monde professionnel pour agir dans les ministères. Ils ne veulent plus de ministres politisés qui ne réalisent que les objectifs de leurs partis politiques. Il est à noter que, face a l’ignorance des revendications de la population, seule l’armée libanaise forme un recours final et est considérée comme la gardienne de la nation.

En analysant plus profondément la grave crise du Liban, on observe qu’un parti chiite, le Hezbollah, sortant glorieux de la guerre en Syrie, est sous le regard de la communauté internationale. Ce parti a les forces nécessaires pour privilégier ses intérêts au dépend de l’État, et par conséquent d’imposer ses conditions politiques au gouvernement qui lui préserve sa suprématie.

Les manifestants ont bloqué les accès au centre-ville de Beyrouth. Les routes principales sont barrées ainsi qu’à Dora, Jal El Dib et Ghazir.

Face à cette présence, d’autres confessions sont lésées, dont les sunnites, ennemis historiques des chiites, et en conflit dans tout le Moyen-Orient. Les chrétiens sont également divisés vis-à-vis de ces deux partis. Ce « bras de fer » confessionnel risque de s’embraser à n’importe quel moment, entrainant le pays dans une nouvelle guerre civile !

Le pays du cèdre aspirant à avoir un État de droits est, une fois de plus, à la croisée de chemins. Ce dont la population a besoin c’est aussi une reconnaissance de la communauté internationale. Cela aidera les jeunes du Liban à reconstruire leur pays d’après-guerre. En effet, le pays n’a pas vu depuis longtemps une entente aussi importante : le « Allahou Akbar » et le « Notre Père » se retrouvent mêlés dans les rues après des années de haine pour demander la reconstruction du pays !

Nous n’y sommes pas encore. En effet, les relations entre l’État et la population peuvent encore se détériorer.

Roger Khairallah

 

 

 

 

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