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La lèpre touche les personnes pauvres et isolées qui n’ont pas accès aux soins dans des pays où le système de santé est défaillant.

 

L’une des stratégies de la Fondation Raoul Follereau est de dépister les malades le plus tôt possible pour casser la chaîne de transmission de la lèpre. Dans des pays où le système de santé est défaillant, il est nécessaire d’aller au-devant des populations. On parle alors de dépistage avancé. « Le dépistage avancé est un moyen de compenser le fait que les systèmes de santé n’atteignent pas les populations reculées. Il est un outil de lutte contre la lèpre complémentaire au renforcement des systèmes de santé », souligne le docteur Bertrand Cauchoix, conseiller médical et représentant de la Fondation Raoul Follereau à Madagascar, « renforcer les systèmes de santé signifie aussi former les soignants et leur donner les moyens de soigner les malades de la lèpre. » La méconnaissance des soignants et le poids de la culture peuvent entraîner des retards de diagnostic parfois dramatiques.

 

La peau est négligée

 

Le dépistage tardif de la lèpre est un dommage collatéral d’un phénomène bien ancré en Afrique : l’aspect de la peau, et donc les pathologies dermatologiques, ne sont pas prises au sérieux. « C’est le problème du dépistage. Avoir soudainement une tâche insensible sur la peau, premier symptôme clinique de la lèpre, n’alerte pas, particulièrement en brousse où l’apparence physique n’a pas d’importance », déplore le docteur Cauchoix, « ils n’ont pas non plus assez de sensibilisation sur l’éducation à l’hygiène. » Le médecin constate que la prise en charge des dermatoses, même au sein des centres de santé, est aussi insuffisante. « Lors de nos opérations de dépistage, nous détectons et soignons toutes les dermatoses, dont la lèpre. » Aux yeux du médecin, il est urgent que les systèmes de santé et les populations « se penchent sur les dermatoses courantes. Il faut permettre aux soignants de le faire. Cela demande des moyens techniques, humains et financiers.