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Dans le Pas-de-Calais, Sandrine Martel élève des chèvres et fabrique du fromage. Seule pour mener la barque et face à des difficultés financières, elle a pu bénéficier de l’aide de la Fondation Raoul Follereau.

 

 

Les champs de blé s’étendent à perte de vue. Le vert vif des jeunes pousses tranche avec le ciel gris, chargé de pluie. Le Pas-de-Calais est une terre agricole parmi les cinq premiers départements français de production de blé, pommes de terre, endives, lin… Villages et hameaux défilent le long des routes à peine vallonnées. Un dernier virage et le petit village de Reclinghem, 236 habitants, se dévoile. C’est ici que Sandrine Martel, 43 ans, a installé sa ferme de 40 chèvres appelée La Chev’riotte. Un jeune projet mené avec passion, avec le soutien sa faille de sa famille et d’associations dont la Fondation Raoul Follereau.

 

Un rêve devenu réalité

 

 

 

Dans leur enclos, les chèvres de Sandrine sont d’un calme olympien. Les chevreaux sont séparés des mères par une barrière métallique, ce qui n’empêche pas quelques escapades de temps en temps. « Pour rien au monde je ne changerai de métier », lâche Sandrine en souriant, « ce n’est pas facile tous les jours : je travaille le weekend, je n’ai pas vacances et je dois m’occuper de mes animaux en permanence. Pourtant, je ne regrette rien. J’ai trouvé ma voie. » La jeune éleveuse traie les chèvres une fois par jour. Elles produisent de 40 à 45 litres de lait par jour au total. Sandrine transforme le lait sur place, dans un laboratoire qu’elle a construit. « Je fais des yaourts, des fromages blancs, des glaces, des fromages et du savon. » Malgré une bonne production, Sandrine est limitée : « Je travaille seule donc je ne peux faire qu’une seule traite par jour. Je transforme tout ensuite car je n’ai pas de stock. » Sandrine diversifie au maximum l’activité de la ferme. « J’organise en plus des évènements à la ferme comme des soirées vin fromage, des visites scolaires, des visites pour les personnes porteuses d’un handicap, etc. » Sandrine fournit aussi les restaurants et les cantines scolaires. Depuis le vote de la loi «.Egalim.», une Loi Alimentation de 2018, exigeant 50 % de produits locaux, durables ou labellisés dans les approvisionnements des cantines, Sandrine espère augmenter ses commandes. « Tous les établissements scolaires ne jouent pas le jeu, tant qu’il n’y a pas de contrôle de l’Etat… », déplore Sandrine.

 

Une aide sans condition d’âge

 

Cheveux noirs, teint rosé, la quarantenaire a réalisé son rêve après plusieurs années difficiles. « C’est une reconversion professionnelle. Je travaillais comme commerciale mais j’étais à la limite du burn-out. Après en avoir discuté avec mon mari, j’ai choisi de me lancer dans l’élevage de chèvres. » N’étant issue du milieu agricole, Sandrine Martel a dû redoubler d’effort pour se faire une place. Après des formations en élevage, elle pose ses valises à Reclinghem, dans le Pas-de-Calais. « Aucune banque n’a voulu me soutenir. Je ne suis pas éligible à l’aide à l’installation appelée Dotation Jeunes Agriculteurs car je suis trop âgée selon leurs critères. »

Pour faire face, Sandrine a pu compter sur le soutien sans faille de sa famille. « Nous avons fait beaucoup de choses par nous même pour construire la ferme. J’ai aussi bénéficié de l’aide d’associations comme la Fondation Raoul Follereau. Sans eux, mon projet n’aurait jamais vu le jour. » L’aide de la Fondation Raoul Follereau, sans condition d’âge, lui a permis d’acheter du matériel pour l’étiquetage de ses produits et la construction de la salle de traite.