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La pandémie qui sévit dans le monde met à mal l’aide humanitaire dans un contexte où sa continuité est vitale.

 

En France et en Afrique, après la sidération des premiers jours de l’épidémie, les organisations non gouvernementales et les Etats mettent en place petit à petit des mesures pour protéger les populations : confinement, arrêt des transports, dépistage… Pourtant, pour limiter la propagation du virus covid-19 et prendre en charge les cas graves, les pays ne sont pas égaux.

En Afrique, tous tremblent en attendant la vague de patients dans un état critique. La crise sanitaire s’ajoute à un contexte politique et sécuritaire instable voire profondément dégradé comme au Tchad ou en Guinée. Le Mali, par exemple, ne compte qu’une cinquantaine de respirateurs pour l’ensemble du pays et environ 5000 réactifs. A titre de comparaison, l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris possède plus de quarante respirateurs pour son service de réanimation… A la suite de la fermeture des frontières sur le continent et de la panique des populations, des pénuries de masques et de gels hydro-alcooliques sont à noter dans la plupart des pays.

La Fondation Raoul Follereau s’est engagée auprès de ses partenaires Africains pour les aider à faire face selon trois modes d’actions : la prévention, en diffusant des affiches sur les gestes barrières, l’hygiène, en distribuant du savon et des gels hydro-alcooliques, et le matériel, en permettant aux partenaires d’acheter des dispositifs de lavage de mains. Dans certains projets, la Fondation Raoul Follereau donne les moyens à ses partenaires de fabriquer localement des masques de protection et du savon. Ils peuvent également télécharger sur notre site internet un kit de sensibilisation.

 

>> Anne-Cécile Couette, chef de projet Enfant de la Fondation Raoul Follereau, expose les actions de la Fondation en Afrique face à la crise sanitaire

 

Le Burkina Faso est le pays du Sahel le plus touché

 

Le Burkina Faso est le pays du Sahel le plus touché avec 222 cas recensés et douze morts au 28 mars 2020. L’Etat a imposé un confinement partiel avec un couvre-feu de 19 heures à 5 heures du matin et la mise en quarantaine des villes de Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Dédougou, Boromo, Manga, Banfora, Houndé et Sorgho. Malgré ces dispositions, la population est plongée dans l’ignorance et l’incertitude. Les mesures d’hygiène et de prévention recommandée par le ministère de la Santé n’atteignent pas toutes les villes du territoire. De plus, les congrégations religieuses et ONG craignent une baisse de l’aide alimentaire pour les déplacés ayant fui les attaques terroristes au Nord et une recrudescence d’attaques terroristes.

Lire aussi >> Le Burkina Faso vit une grave crise des déplacés

A Kaya, sœur Marie-Louise a créé une école pour les enfants déplacés du Nord. Depuis le début de la crise sanitaire, elle ne ménage pas ses efforts pour prévenir ces populations fragiles de la maladie. Avec l’aide de la mairie de Kaya, elle diffuse largement les affiches de prévention de la Fondation Raoul Follereau.

Sœur Marie-Louise affiche le message de prévention à Kaya.

Les autorités locales remercient vivement sœur Marie-Louise et la Fondation Raoul Follereau pour son aide en faveur des plus vulnérables.

A Bobo Dioulasso, l’orphelinat Den Kanu est équipé d’un dispositif de lavage de mains. La pouponnière continue son action malgré la crise et les religieuses sont très exposées.

Livraison d’un dispositif de lavage des mains avec pédale à la Pouponnière Den Kanu de Bobo Dioulasso.

 

A Dédougou, la Fondation Raoul Follereau a aidé Madame Dakio, directrice du centre Notre Dame de la Visitation, un centre d’accueil des jeunes filles en détresse, à se munir de savon et d’un dispositif de lavage de mains. Dédougou est en quarantaine depuis quelques jours. Personne ne peut entrer ni sortir de la ville.

                       

Le Centre Notre Dame de la Visitation s’est lancée dans la confection de masques de protection pour limiter la propagation du virus.

Les jeunes filles du centre Notre Dame de la Visitation confectionnent des masques.

 

L’action se poursuit au Liban

 

Roger Khairallah, représentant de la Fondation Raoul Follereau au Moyen Orient, est confiné à Beyrouth mais possède les autorisations nécessaires pour poursuivre l’aide humanitaire au Liban. Il a même vu le nombre de demandes exploser. Dans le cadre de la distribution alimentaire, Roger a vu le nombre de cartons de denrées passer de 100 à 200 par semaine envoyés sur l’ensemble du territoire. « Ce virus vient déséquilibrer un monde non préparé à contrer cette vague totalement inattendue », explique Roger. « Le Coronavirus a atteint un Liban déjà affaibli par des mois de révolutions, des mois de manque de monnaies étrangères, des mois ou le licenciement des employés fut le titre principal : Le pays s’appauvrit. Avant le virus, 52% de la population étaient déjà en attente de leur descente vers la classe pauvre. Après le virus, c’est une chute libre et sans limite de pourcentage…« 

Après l’annonce du gouvernement sur le confinement de la population, Roger Khairallah a repris l’organisation des repas pour les personnes âgées pauvres du quartier d’Achrafieh. « On ne pouvait pas laisser les 180 personnes âgées sans nourriture. Le cellier fonctionne avec 2 personnes afin de ne pas accroître le risque de contamination. »

Le dispensaire reprend peu à peu du service après deux semaines de fermeture.

« Le nombre de personnes atteinte jusqu’à présent peut ne pas être alarmant à comparer avec d’autres pays. Mais vu les moyens modestes dont nous disposons au Liban, et surtout suite au manque des produits médicaux, les craintes sont énorme de ne dupliquer le model Italien. Les Libanais respectent dans le plus grand sérieux le confinement, ce qui peut limiter la contagion », espère Roger. « Les pertes économiques du Liban sont énormes : rien que dans le secteur touristique, dans les dernières semaines : 2000 restaurants ont fermé, 40,000 employés ont été licenciés, 95% des hôtels sont fermés. Seules 15% des compagnies sont opérationnelles mais au ralenti, en payant dans les meilleurs de cas, 50% des salaires. »

Roger Khairallah craint, à long terme, une crise alimentaire. « Au moins le tiers de la population ne pourra plus assurer sa subsistance dans les semaines à venir, et je parle uniquement de l’alimentation. C’est une pauvreté qui arrive à grands pas, propulsée par une attaque totalement en dehors de la politique, mais beaucoup plus nocive. Nous allons droit vers l’inconnu ! »